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AboAstrophysique
Que sont ces étranges filaments au centre de la Voie lactée?

Des filaments plus ou moins longs qui pointent tous vers le trou noir au centre de notre galaxie.
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Au centre de notre galaxie, on sait qu’il y a un trou noir supermassif. Il s’appelle Sagittarius A*. Situé dans la constellation du Sagittaire, il équivaut à 4 millions de masses solaires. Il a été repéré en 2020 puis photographié deux ans plus tard, révélant un ballet cosmique autour de lui, signe de l’accrétion de matière en son centre. Ce qu’on a découvert récemment, c’est qu’il n’est pas seul. Et que de longs filaments magnétiques se trouvent autour.

Cela dit, leur existence n’est pas tout à fait nouvelle et on en avait déjà détecté il y a une quarantaine d’années. Sauf qu’on en a identifié de nouveaux, et qu’après une série d’opérations techniques mises au point par des astronomes de l’Université de Northwestern, ceux-ci s’avèrent sensiblement différents des premiers, qui apparaissaient verticaux.

Les «nouveaux» filaments sont plus courts (5 à 10 années-lumière de long, alors que les autres avoisinent les 150 ​années-lumière) et, loin d’être distribués aléatoirement, s’affichent au contraire à l’horizontale. Pour faire plus simple, ils paraissent pointer en direction du trou noir supermassif et se concentrer d’un seul côté de ce dernier. Autre différence, les premiers filaments comprennent des particules qui se déplacent à une vitesse proche de celle de la lumière alors que les seconds – il y en a tout au plus une centaine – émettent un rayonnement thermique.

Pour le reste, on est à court d’explications. Aller voir dans la région ce qui se passe n’étant pas pensable – à moins de trouver le moyen de parcourir 26’000 années-lumière en quelques jours, ce qui est de la pure science-fiction – il faut se résoudre aux hypothèses pour tenter de comprendre ce que peuvent être ces filaments.

Les astronomes en ont une, d’hypothèse, et pensent qu’ils pourraient provenir d’un événement qui se serait produit il y a dix millions d’années environ. Soit une interaction entre de la matière s’écoulant de Sagittarius A* et des objets cosmiques autour de lui.

Ces filaments pourraient donc nous fournir des renseignements sur ce trou noir supermassif, sa rotation ou l’orientation de son disque d’accrétion, ce qui permettrait de comprendre comment il se «nourrit». De tels disques se forment en général à l’occasion de la destruction d’une étoile par un trou noir, ce qui a été prouvé il y a trois ans.

On l’a compris, le plus gros de l’affaire reste à venir. Et la résolution de secrets cosmologiques transite aussi par des phases de doute et d’hypothèses hasardeuses. Pas une semaine ne passe sans qu’on apprenne de nouveaux éléments sur les trous noirs, avec ou sans l’apport du télescope James-Webb. Pour cette fois, ce fut sans lui.