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Vandalisme en sérieQui a eu cette idée folle d'incendier deux fois l'école?

En l’espace de sept jours, deux incendies criminels ont ravagé certains locaux du collège de L’Esplanade à Begnins. Depuis quelques mois, plusieurs cas de déprédations avaient déjà été rapportés au sein de la commune.

L’incendie criminel s’est déclenché dans les locaux administratifs de l’établissement secondaire de Begnins.
L’incendie criminel s’est déclenché dans les locaux administratifs de l’établissement secondaire de Begnins.
Patrick Martin

Vitres cassées, effractions dans l’école, feu dans les toilettes publiques ou encore tags à répétition. Depuis quelques mois, la commune de Begnins est en proie à une série d’actes de vandalisme, sur lesquels le mystère plane encore. Gang de malfrats, malaise des jeunes en période de pandémie, acte de vengeance ou plaisir de détruire? Les soupçons sont aussi nombreux qu’infondés. Lors de la dernière séance du Conseil communal, le 27 octobre dernier, la municipale Anne Stiefel mettait déjà en garde contre une série d’incivilités perpétrées au sein de la commune et encourageait les citoyens à contacter la police en cas de doute.

Ces deux derniers week-ends, la violence a carrément augmenté d’un cran; en témoignent les deux incendies criminels qui ont eu lieu dans les locaux administratifs de l’établissement secondaire de l’Esplanade, et ceci à une semaine d’intervalle. «Les premières déprédations, j’avais vu ça comme des bêtises de gamins, évoque Robin Chytil, conseiller communal. Là, je n’ai pas l’impression que ce soit de la même veine. C’est aussi bizarre que l’on s’attaque au même endroit à deux reprises.»

Les pompiers des SDIS Gland-Serine et Nyon-Dôle ont rapidement maîtrisé l’incendie, pour lequel l’alerte a été lancée dimanche dernier vers 4h30.
Les pompiers des SDIS Gland-Serine et Nyon-Dôle ont rapidement maîtrisé l’incendie, pour lequel l’alerte a été lancée dimanche dernier vers 4h30.
DR

Sur sa page Facebook, Cesla Amarelle s’inquiète, elle aussi, d’un tel comportement: «L’école publique est une chance: s’en prendre à elle, c’est s’en prendre à nous tous.» Jugeant ces actes inacceptables, la conseillère d’État affiche son soutien au collège de Begnins.

Deux jours après le second sinistre, l’odeur de brûlé est encore largement présente, bien que les dégâts soient invisibles de l’extérieur du bâtiment. «Les dommages sont importants mais se sont cantonnés aux pièces concernées, précise le Major Daniel Grosjean, commandant du SDIS Gland-Serine. C’est d’ordre criminel, pas besoin d’être un génie pour le constater.» Un incident qui aurait pu mal tourner, donc, et qui rend perplexe: qui peut donc en vouloir à ce point à l’école pour vouloir lui bouter le feu?

«Ça commence à bien faire!»

Dans cette commune de près de 2000 âmes, la tension commence à monter. «Ça commence à bien faire, s’exprime le boucher Philippe Grange, figure bien connue de Begnins. Ça se passe toujours vers 3-4 heures du matin. C’est désagréable, cette tendance à vouloir détruire le bien d’autrui. Des machines à claques, c’est ce qu’il leur faudrait!» Quant à Besim, chauffeur de taxi, s’il a parfois entendu des cris et de la musique en roulant non loin du préau à une heure tardive, cela reste ni plus ni moins, selon lui, que «des ados qui s’amusent».

Si la terreur n’a pas envahi les villageois, certaines mesures préventives et/ou répressives pourraient être envisagées. Le projet de caméras publiques, qui avait déjà fait l’objet d’un préavis – refusé par le Conseil communal – devrait être remis sur le tapis par la Municipalité, avec davantage de précautions cette fois-ci. «Ils avaient été surpris qu’on dise non, se rappelle Robin Chytil. C’est probable qu’ils viennent nous voir avec un sondage avant de relancer le projet; ils n’ont pas spécialement envie de se prendre une veste!»

13 commentaires
    Mendriziotto

    Devinez vous en aurez une tranche