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ÉditorialQui en «chef du village» à Vevey?

Il est difficile de ne pas voir la décision d’Elina Leimgruber de ne pas se présenter aux élections 2021 comme la conséquence directe de ces cinq années de crise politique. Par temps clair, et sans les affaires qui ont conduit en quatre ans à trois suspensions de municipaux et une crise politico-judiciaire sans précédent, on veut croire que la Verte serait tête de liste au printemps prochain.

Au contraire, en jetant l’éponge au terme de ces cinq ans orageux, elle apparaît comme la première à payer sa part de la note. Il serait toutefois injuste de tenir l’élue pour seule responsable du chaos, d’autant que son bilan sur les dossiers reste positif et que rien n’indique qu’un autre de ses collègues eût mieux fait.

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Reste qu’en présidente du collège exécutif elle cristallise l’échec collectif d’un collège, même dans une Ville d’images traditionnellement habituée aux Municipalités bouillonnantes et coups d’éclat. De là à penser que sa candidature puisse freiner l’inexorable poussée Verte, il n’y a qu’un pas que certains ont probablement franchi (à moins qu’elle n’y ait pensé elle-même).

La casquette de syndique s’est peut-être révélée trop grande pour elle dans ce bourbier au sein d’un Exécutif sans vrai chef de village à même de taper du poing sur la table pour contenir l’explosion. Mais qui pour reprendre le flambeau dès juillet prochain? Ceux qui militaient pour une démission en bloc de la Municipalité doivent boire du petit-lait en voyant la fusée déjà privée de trois des cinq élus de 2016 en comptant le socialiste Lionel Girardin suspendu et le PLR Étienne Rivier parti en retraite politique durant l’été.

«Reste qu’en présidente du collège exécutif elle cristallise l’échec collectif d’un collège, même dans une Ville d’images traditionnellement habituée aux Municipalités bouillonnantes et coups d’éclat.»

Restent à bord les deux principaux détracteurs de la syndique. Jérôme Christen, déjà papable pour la syndicature en 2016, est candidat pour Vevey Libre. Michel Agnant, poussé vers la sortie par le parti centriste et affilié à la nouvelle formation Perspectives Vevey, n’a pas dévoilé son jeu, mais on le voit mal en costume de chef de l’Exécutif.

Dans ce maelström, le Décroissance-Alternatives Yvan Luccarini, arrivé au mois d’août en remplacement d’Étienne Rivier, doit sentir qu’il a une belle carte à jouer. Il en a la stature.