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Annonces du Conseil fédéralRéactions politiques: entre déception et réjouissance

Les différents partis politiques de Suisse ont réagi après les décisions du Conseil fédéral de ce mercredi.

Le Parti socialiste salue les mesures d’assouplissement envisagées par le Conseil fédéral. A droite, le Centre patronal se dit «déçu».
Le Parti socialiste salue les mesures d’assouplissement envisagées par le Conseil fédéral. A droite, le Centre patronal se dit «déçu».
Keystone/Alessandro della Valle

Le PS se réjouit

Le Parti socialiste salue les mesures d’assouplissement envisagées par le Conseil fédéral. L’ouverture complète exigée par la droite serait irresponsable et réduirait à néant les progrès réalisés durant les dernières semaines, estime-t-il.

«Le Conseil fédéral est sur une voie raisonnable», déclare le co-président du PS Suisse, Cédric Wermuth, dans un communiqué diffusé mercredi. «Nous avons besoin d’une stratégie de sortie prudente, à long terme et scientifiquement fondée qui donne aux gens de vraies perspectives et évite tout effet yo-yo», dit-il.

Il s’agit aussi d’éviter les erreurs commises avant la deuxième vague. «Si des ouvertures ont lieu, alors les concepts de protection doivent en même temps être mis en œuvre et contrôlés plus intensivement», estime l’Argovien.

Il reste toutefois insatisfaisant que l’aide ne parvienne toujours pas de manière efficace aux personnes touchées. Le Conseil fédéral doit là intensifier son action.

L’UDC fustige

Pour l’UDC, il est inacceptable que la politique «arbitraire et néfaste» suivie par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie soit poursuivie.

«Quelque 300’000 personnes se joignent à nous pour exiger que tous ceux qui ont des concepts de protection puissent ouvrir le 1er mars», a ajouté le parti mercredi sur Twitter.

L’UDC invite les cantons à «rejeter cette stratégie Berset dépourvue de courage».

Les Verts jouent la prudence

«Nous ne devons pas ouvrir le plus vite possible, mais le plus sûrement possible», ont estimé les Verts, réagissant aux annonces du Conseil fédéral. Des capacités de traçage suffisantes sont à leurs yeux indispensables pour ce faire.

«Je critique vivement la Confédération et les cantons: nous connaissons le nom de chaque vache en Suisse, mais près d’un an après l’apparition de la pandémie, nous ne savons toujours pas où les gens ont contracté la maladie», s’indigne le président des Verts, Balthasar Glättli, cité dans un communiqué diffusé mercredi.

«Des données exploitables et des capacités suffisantes en matière de recherche de contacts sont des conditions préalables obligatoires pour une stratégie sensée et donc pour de nouvelles mesures d’ouverture début mars», dit-il.

La formation salue en revanche la décision d’augmenter les fonds de soutien aux personnes en difficulté. Pour que cette aide parvienne à temps aux entreprises, les obstacles bureaucratiques doivent toutefois encore être rapidement démantelés.

Pour les Vert’libéraux, un assouplissement progressif étroitement coordonné avec la science est la bonne voie à suivre. Sur Twitter, leur président Jürg Grossen estime qu’un assouplissement trop rapide, une troisième vague et un nouveau confinement seraient le pire scénario en termes de santé et d’économie.

Le PLR mise sur la vaccination

Les annonces du Conseil fédéral offrent certes un début de perspectives pour la population et les entreprises, mais elles restent vagues, déplore le PLR.

Le PLR réclame que la campagne de vaccination se déploie enfin pleinement, afin que ces prochaines semaines marquent réellement le début d’une sortie de crise. Une fois que l’ensemble du groupe à risque sera vacciné, les restrictions devront être levées dans la mesure du possible.

Les annonces du Conseil fédéral mercredi «correspondent en partie à nos revendications, mais offrent surtout des perspectives à court terme à la population et aux entreprises», regrette le PLR. Le domaine de la gastronomie, les milieux culturels et le monde du sport continuent en outre d’être pénalisés.

Pour le parti, il est «incompréhensible» que ces branches ne puissent pas bénéficier d’assouplissements, accompagnés de règles de protection strictes, à l’image d’autres secteurs qui bénéficieront d’une ouverture le 1er mars.

Malgré tout, le déblocage de moyens financiers pour les entreprises en difficulté et les chômeurs est à saluer. Il est maintenant important que les aides arrivent rapidement.

Réaction de la culture

«C’est une excellente nouvelle pour la culture», a dit Bernard Fibicher, directeur du Musée cantonal des Beaux-Arts à Lausanne mercredi après l’annonce du Conseil fédéral. En revanche, «c’est extrêmement dommage pour les théâtres, les cinémas, nos collègues qui doivent encore garder leurs établissements fermés.»

«Mais cela fait déjà une ouverture pour le monde de la culture. Et pour les gens qui s’y intéressent, il y aura au moins quelque chose à faire», a-t-il ajouté, interrogé par Keystone-ATS. Bernard Fibicher est maintenant suspendu à la confirmation de la décision du Conseil fédéral la semaine prochaine après consultation des cantons.

«L’association des musées suisses a mené un grand travail de lobbying à Berne comme des institutions culturelles des cantons de Bâle et de Genève, a-t-il souligné. «Nous avons aussi participé à l’action ce week-end ‹No culture, no future', qui, semble-t-il, a été entendue.»

ATS

36 commentaires
    Jacques Gaillard

    Quelque 300’000 personnes se joignent à l'UDC… ce qui fait quelques 8'300'000 personnes qui ne se joignent pas à l'UDC.