Exercice des droits politiquesRémunérer les récoltes de signatures restera possible
En refusant un postulat Vert, le Grand Conseil vaudois n’a pas souhaité étudier l’interdiction du mercenariat militant.

Faut-il interdire la récolte rémunérée de signatures, comme à Genève? Le Grand Conseil a tranché mardi: non. La droite et les centristes ont formé une majorité pour écarter un postulat de la Verte Rebecca Joly.
L’activité des acteurs de ce créneau économique – au rang desquels émerge souvent l’association INCOP – a plusieurs fois défrayé la chronique ces dernières années, dans le canton de Vaud ou ailleurs. «Des abus ont été constatés dans plusieurs cantons romands avec des récolteurs et récolteuses qui n’hésitaient pas à mentir pour obtenir des signatures», étaie le texte du postulat. Ce fut le cas lors du référendum contre la norme pénale anti-homophobie et celui contre le congé paternité.
Ubérisation dénoncée
«Balayer ce postulat revient à envoyer un signal négatif: dire que cette pratique est parfaitement légitime», a appuyé le socialiste Alexandre Démétriadès. Pour la popiste Céline Misiego, ce mercenariat du militantisme a «tous les défauts de l’ubérisation: salaire très bas – 1 fr. à 1 fr. 20 la signature –, et non garanti, pas de charges sociales, bénéfice large pour le prestataire.»
En face prédominait la crainte d’un appauvrissement de la vie démocratique: «Cette interdiction handicape les organisations qui ont peu de moyens pour financer une récolte de signatures, par exemple par un tous-ménages fort onéreux», relevaient les opposants. «Quel est le risque de ces récoltes rémunérées? Un référendum ou une initiative de trop. Mais le tir est corrigé lors de la votation population et le système s’autorégule», a plaidé Jérôme Christen (Vaud Libre).
Au nom du Conseil d’État, la PLR Christelle Luisier a invité les députés à «ne pas établir de causalité entre rémunération et tromperie».
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