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Une étoile est néeRencontre avec le lauréat portugais du Prix de Lausanne

Antonio Casalinho a remporté le premier prix de la compétition de danse. Zoom sur le jeune danseur.

Antonio Casalinho, une jeunesse pleine de promesses chorégraphiques, couronnée par le Prix de Lausanne 2021.
Antonio Casalinho, une jeunesse pleine de promesses chorégraphiques, couronnée par le Prix de Lausanne 2021.
DR

Dix-sept ans et demi seulement, mais déjà 11’000 amis sur Facebook et 31’000 abonnés sur Instagram. Lauréat, samedi, du 49e Prix de Lausanne, Antonio Casalinho ne perd pas son temps. À 12 ans, il est déjà primé au Youth American Grand Prix, catégorie junior. À 14 ans, il remporte le concours «Jeunes talents» de la télévision portugaise. Trois ans plus tard, il est médaille d’or, junior toujours, au célébrissime Concours de Varna. Mais aux diplômes et aux médailles, il préfère maintenant la bourse que lui vaut son succès lausannois. Bourse d’apprentissage à valoir dans une des 37 compagnies partenaires.

«Effectivement, j’aimerais entrer dans une compagnie professionnelle. Mais de quoi la saison prochaine sera-t-elle faite? Avec cette pandémie, difficile de savoir comment les choses vont évoluer.» Quoi qu’il en soit, le jeune homme est promis à un bel avenir. Par Zoom interposé, lors de la proclamation du palmarès, Kathryn Bradney, la directrice du concours, et Richard Wherlock, le président du jury, n’ont pas manqué de le relever. À lui de faire maintenant les bons choix.

Formé par Annarella Sanchez

Contrairement à d’autres concurrents issus de grandes académies publiques, Antonio Casalinho a été entièrement formé dans une école privée, bien qu’aujourd’hui partiellement subventionnée: celle que la Cubaine Annarella Sanchez a fondée à Leiria, une petite ville située à mi-distance de Lisbonne et Porto. Naguère excellente danseuse, notamment au sein du Ballet national de Cuba, Mme Sanchez est aujourd’hui une remarquable pédagogue. Cinq de ses élèves ont pris part, cette année, au Prix de Lausanne. Et trois se sont retrouvés en finale! Tous prennent six jours par semaine cours classique, contemporain, caractère et pas de deux, notamment. Une formation complète qui est coordonnée avec l’enseignement scolaire suivi dans une école partenaire.

«En les revoyant, je me suis dit que j’aurais pu faire encore mieux.»

Antonio Casalinho, lauréat 2021 du Prix de Lausanne

Un père professeur de musique, une mère dans les assurances, un frère étudiant en physique, Antonio a eu la chance d’être soutenu par sa famille. Sans doute ont-ils pris conscience très tôt de ses dons hors du commun. En témoignent et sa variation classique et sa variation contemporaine. Dans la première, «Diane et Actéon», il multiplie les pirouettes et les tours en l’air acrobatiques à la russe. «Il a été coaché par le professeur qui avait fait travailler Carlos Acosta lorsqu’il se préparait lui-même pour le Prix de Lausanne», glisse Mme Sanchez. Carlos Acosta, médaille d’or 1990, étoile internationale!

Antonio Casalinho, un félin dans l’arène de la danse.
Antonio Casalinho, un félin dans l’arène de la danse.
NIKITA ALBA

Dans la seconde – «Grinding the Teeth», qui lui vaut au surplus le prix de la meilleure interprétation contemporaine – il est, à l’opposé, tout de présence, d’équilibre, de souplesse, de félinité. «C’est au mois de décembre que nous devions envoyer les vidéos de ces variations au Prix de Lausanne. En les revoyant, je me suis dit que j’aurais pu faire encore mieux.»

«Participer au Prix de Lausanne est comme un rêve.»

Antonio Casalinho, lauréat 2021 du Prix de Lausanne
Le jeune danseur maîtrise aussi très bien le registre aérien.
Le jeune danseur maîtrise aussi très bien le registre aérien.
NIKITA ALBA

Antonio attendait beaucoup de la semaine de travail que propose habituellement le concours, avec les professeurs invités, les coaches et les autres concurrents venus d’horizons différents. Apprendre que cette édition, Covid oblige, serait virtuelle n’a pas manqué de le décevoir sur le moment. «Participer au Prix de Lausanne est comme un rêve. Cette fois, pas d’émulation entre candidats, pas de progression au fil des jours jusqu’au sommet que représente la finale.» Mais Antonio en convient volontiers: il aurait tort de se plaindre, lui que les réseaux sociaux couvrent maintenant de félicitations.