Rentrée littéraireLaurent Binet prête sa plume à Michel-Ange
Roman policier mais épistolaire dans la Florence de 1557, «Perspective(s)» fait défiler toute une galerie de personnages historiques.

L’histoire se présente comme le terrain de jeu préféré de Laurent Binet, qu’il s’empare d’un épisode de la Seconde Guerre mondiale ( «HHhH», 2010), qu’il réinterprète en mode drolatique la mort de Roland Barthes («La septième fonction du langage», 2015) ou qu’il renverse la conquête de l’Amérique du Sud dans l’uchronie de «Civilizations» (2019).
Son nouveau roman, «Perspective(s)», ne change pas la donne, mais lui trouve de nouvelles formulations. L’écrivain français pose cette fois son décor dans la Florence de 1557 et noue son intrigue autour de la mort du peintre maniériste Jacopo da Pontormo – il imagine un assassinat – alors qu’il travaille depuis dix ans aux fresques du chœur de la basilique San Lorenzo.
Fan d’Umberto Eco
On savait Laurent Binet fan d’Umberto Eco, mais son roman «policier» et historique se double ici d’une difficulté supplémentaire: il se présente sous la forme épistolaire au gré de correspondances entre personnages historiques proéminents. Les 176 missives de «Perspective(s)» sont notamment signées Cosimo de Médicis, duc de Florence, Giorgio Vasari, fameux historien de l’art et artiste de l’époque, mais aussi de plusieurs éminentes figures de l’art comme Michel-Ange, Benvenuto Cellini ou encore Agnolo Bronzino.

Les intrigues de palais et les élans de la passion se mêlent à cette enquête palpitante confiée à Vasari qui, dans ce monde de peintres et d’ateliers, doit slalomer entre les chausse-trappes préparées depuis Paris par Catherine de Médicis et les relents du prêtre puritain Savonarole.
«Perspective(s)», Laurent Binet, Éd. Grasset, 288 p.
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