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L’invitéReprenons la main, et arrêtons d’acheter chinois!

Éric Davalle constate que la crise économique due à la pandémie profite à la Chine.

Le monde ne se sort pas de cette pandémie de Covid-19. Elle a conduit à un recul historique des économies. Qu’en est-il de la Chine? C’est de là que le virus dévastateur est parti. Si prompt à contrôler toute action contraire à la sagacité de son régime totalitaire, ce pays n’a pas empêché la fuite incontrôlée du coronavirus. Si c’était la première fois, on pourrait comprendre, mais ce n’est pas le cas. À tel point que beaucoup d’entre nous se sont demandé si cela n’avait pas été fait exprès!

Loin de toute théorie du complot, force est de constater que cette pandémie profite d’abord aux Chinois. Pendant que les États luttent contre la maladie et son expansion, la Chine en profite pour renforcer son influence locale, comme à Hong Kong avec sa loi très controversée, mais appliquée, sur la sécurité nationale. Alors que nos produits intérieurs bruts (PIB) ont drastiquement reculé, la Chine a rebondi dans le deuxième trimestre et évite ainsi toute récession. Tiens, tiens!

«Au fil des années et au nom de la profitabilité maximum, nous avons détruit les productions locales et perdu un savoir-faire»

Ce pays continue à produire à bas prix et vend tout et partout. L’affaire des masques de protection a été emblématique. Ils se vendaient 4 à 5 fois plus cher en mars dernier que maintenant. Qui en a profité? La Chine. Nous avons dû nous confiner pour réduire la propagation de la maladie. Nombreux ont donc acheté via internet. En 2019, les Suisses avaient acheté en ligne pour 10 milliards de francs de produits. Avec la pandémie, les estimations parlent d’achats supplémentaires de 30%. Qui va en profiter? La Chine.

Avec ce Covid-19, nous mesurons un peu plus notre dépendance de l’Empire du Milieu. Au fil des années et au nom de la profitabilité maximum, nous avons détruit les productions locales et perdu un savoir-faire. En fonction des récentes circonstances exceptionnelles, plusieurs pays se sont remis à fabriquer des masques en tissu pour subvenir à la pénurie. Ici, on ne parle plus de rentabilité économique, car l’urgence passe avant tout.

Achats en ligne

Pourtant, nous continuons à acheter en ligne des produits, en majorité que nous ne fabriquons pas, ni en Suisse, ni en Europe. Nos jeunes qui sortent dans la rue pour crier leur colère pour l’amélioration climatique ne sont-ils pas aussi les premiers acheteurs de produits chinois sur internet? En fait, personne, ou presque, ne se demande vraiment d’où vient le produit acheté en ligne. Si la problématique du climat est éminemment politique, ne serait-il pas temps, nous consommateurs, de reprendre la main sur l’origine des produits que nous achetons? Le climat ne s’en portera que mieux.

Cela prendra du temps, mais nous tenons la clé de la restauration de la production et du commerce de proximité. Nous devons dépasser les peurs qui nous habitent, celle de manquer, de payer plus cher ou de devoir attendre. Il faut exiger les produits redevenus locaux, mieux ciblés et de meilleure qualité. Nous savons innover et sommes capables de produire plus intelligemment et avec bon sens. Arrêtons de vouloir tout, tout de suite, et réfléchissons à ce que nous voulons vraiment. Qui en profitera alors, la Chine? Non, nous tous!

4 commentaires
    Pascal V.

    La décroissance

    Le modèle économique de la décroissance doit passer par des productions locales et européennes. Ce n’est pas en investissant dans route de la soie que l’on améliora l’état de notre planète. Ce n’est pas du protectionnisme mais du bon sens. Nos leaders politiques des années 80-90 on bradé l’Europe à l’Asie leur permettant d’améliorer leur niveau de vie et c’est bien comme ça.

    Mais ne continuons pas à détériorer le nôtre, d’autant plus qu’aujourd’hui l’Asie est économiquement autonome avec leurs consommateurs. Ecoutons nos jeunes et soutenons les dans ce combat politique et économique.