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Résultats scolaires
Étude PISA: la Suisse progresse mais c’est en trompe-l’œil

Students listen to their teacher in a classroom of Victor-Duruy high school on the first day of new academic year in Paris on September 4, 2023. Twelve million students go back to school in France on September 4, 2023. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)
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Quand on se regarde, on se désole. Quand on se compare, on se console. L’enquête PISA 2022, dévoilée ce mardi, révèle que les jeunes Suisses de 15 ans obtiennent des résultats scolaires nettement supérieurs à la moyenne des 81 pays participants. Mais surtout que la Suisse doit sa bonne performance à la régression de ses «concurrents».

Publié tous les trois ans – mais repoussé cette fois d’un an en raison de la pandémie de Covid-19 –, le classement PISA est devenu une référence mondiale très scrutée par les gouvernements.

Comme à l'accoutumée, et malgré un léger déclin, les jeunes Helvètes restent particulièrement doués en mathématiques (508 points contre 521 points en 2015), thème phare de cette édition. La Suisse prend ainsi la huitième place du classement, alors qu’elle avait été éjectée du top 10 en 2018.

Elle n’est devancée que par six pays ou territoires asiatiques et par l’Estonie, première nation européenne. Le niveau en lecture (483 points) et en sciences (503 points) est lui aussi supérieur à la moyenne de l’OCDE.

Baisse mondiale historique

Doit-on jeter des fleurs aux écoliers suisses pour autant? Leurs scores restent stables, voire très légèrement inférieurs par rapport aux enquêtes de 2015 et 2018. Si la Suisse se distingue et a amélioré sa position relative dans tous les domaines de compétence, c’est plutôt en raison de la chute du niveau observée dans les autres pays, notamment ceux qui avaient l’habitude de la devancer.

En lecture par exemple, le Canada, la Belgique (−20 points chacun), la France (−25 points), l’Allemagne (−29 points) et la Finlande, ex-pays modèle (−36 points), régressent plus rapidement que la moyenne (−13 points). Les jeunes Suisses lisent donc désormais mieux que leurs voisins français, alors que leur propre niveau n’a quasi pas évolué.

À l’échelle mondiale, c’est bien le fait marquant de cette édition 2022: les résultats montrent une «baisse inédite de la performance des élèves dans l’histoire de PISA», souligne l’OCDE. «En mathématiques, la moyenne des pays de l’OCDE a baissé de 15 points par rapport à 2018, alors que la différence entre chaque cycle n’avait jamais dépassé les quatre points auparavant», soulignent les auteurs de l’étude.

La responsabilité de la pandémie à cette «chute dramatique» des performances ne serait pas si évidente, le niveau général baissant depuis une dizaine d’années déjà. Elle pourrait en revanche avoir accéléré la tendance. Si la Suisse trébuche moins lourdement que les autres pays de l’OCDE, c’est donc peut-être car elle a fermé ses écoles moins longtemps durant le Covid.

16% d’élèves locomotives

Malgré ces bons résultats en comparaison internationale, le rapport relève que près d’un cinquième des élèves suisses n’atteignent pas le niveau minimal de compétences en mathématiques fixé par l’OCDE. En lecture, c’est même un quart des élèves qui sous-performent, n’étant pas capables d’identifier l’idée principale d’un texte de longueur moyenne.

Pour compenser, la Suisse peut compter sur une proportion d’élèves forts plus importante que dans les autres pays. En mathématiques par exemple, ces «élèves locomotives» représentent 16% du contingent scolaire, contre 9% dans la moyenne internationale.

Certaines des conclusions de l’étude inquiètent l’association faîtière des enseignantes et enseignants suisses (LCH). Même si notre système scolaire obtient une bonne note, qu’elle voit comme une «confirmation du travail engagé des enseignants», l’association se dit préoccupée par les lacunes de certains élèves.

Pour lutter contre ces manques, la LCH appelle à lutter contre la pénurie d’enseignants. Elle invite également les cantons à explorer des solutions contre l’omniprésence des écrans, la montée de l’intelligence artificielle et la détérioration de l’égalité des chances relevée par l’étude.

Perte du plaisir d’apprendre

Au-delà d’évaluer les compétences scolaires, l’enquête a également recueilli des appréciations individuelles des élèves sur leur rapport à l’école. Les jeunes Suisses se sentent moins exposés au harcèlement qu’en 2018. Le sentiment d’appartenance à l’école a, lui aussi, augmenté de manière positive.

En revanche, en Suisse comme ailleurs, les jeunes de 15 ans ont perdu en joie de vivre. Les contraintes sociales de la pandémie y seraient pour beaucoup, même si l’impact sur les capacités d’apprentissage n’est a priori pas aussi important que redouté. Lors de la fermeture des écoles, c’est surtout la motivation qui a pris un gros coup: la moitié des élèves interrogés affirment avoir été nettement affectés dans leur plaisir d’apprendre.

Enfin, en Suisse comme ailleurs en Europe, les élèves issus de la migration (deuxième génération) obtiennent généralement des résultats comparables à ceux des élèves sans statut migratoire. En Italie, ces enfants de «deuxième génération» sont même légèrement meilleurs que les élèves natifs.

Là où la Suisse s’illustre négativement, c’est que l’enquête l’identifie comme l’un des pays où l’écart entre les élèves socialement défavorisés et ceux qui viennent d’un milieu privilégié est le plus important. Le fossé s’est creusé depuis 2012, tandis qu’il est resté stable dans la plupart des autres pays.

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