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Retour de festival
Angus et Julia Stone sous le plus célèbre caillou du monde

Vendredi soir, Julia et Angus Stone en acoustique ou presque, sur la grande scène du Zermatt Unplugged.
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Aux terrasses bondées du village, alors que le soleil glisse derrière la pointe du Cervin, les serveurs saluent d’un «bon concert» les dîneurs rassasiés. Peu de chances de se tromper: depuis une semaine, Zermatt vit au rythme de la musique et de «son» festival, une réussite lancée il y a dix-sept ans et que le Covid n’a pas réussi à déraciner.

Anticipant la tendance où le folklore et «l’expérience client» comptent autant, sinon bien davantage, que la taille des artistes au menu, le Zermatt Unplugged a trouvé avec sa promesse semi-acoustique et son cadre unique une formule entre luxe et bohème qui attire le public loin à la ronde – selon le festival, ils ont été près de 30 000 spectateurs à venir depuis mardi dans la station valaisanne.

Dotan | Riffelberg – Zermatt Unplugged fotografiert am Friday, 12.04.2024. (Credits: Hanna Bueker Atance for Zermatt Unplugged)

Auprès des musiciens, l’Unplugged séduit large également. Fini, toutefois, le temps des fastes où l’on faisait venir Lionel Richie pour un aller-retour Malibu-Matterhorn en première classe. Les têtes d’affiche sont moins clinquantes (quoique Thom York a présenté il y a deux ans un concert d’exception) mais pas moins efficaces en termes d’affluence. La grande scène – qu’entoure une constellation de plus petites situées dans la station ou sur ses pistes – a ainsi réuni Birdy, James Arthur ou encore Michael Patrick Kelly. Samedi soir, l’Américain Gregory Porter bouclera le bal.

Vendredi, c’était à Angus et Julia Stone que revenait l’honneur de remplir le chapiteau. Mission accomplie en un concert qui synthétisait à bien des égards la singularité du festival: le tout acoustique est rare (trois instrumentistes se joignaient au duo, dont une guitare électrique jouant parfois du banjo) mais les prestations honorent la charte de l’intime dans un décor feutré; s’il n’est pas (ou plus) au sommet des hit-parades, l’artiste possède assez de métier pour dépasser la seule interprétation de chansons à la guitare sèche.

Avec la fratrie australienne, dont le plus capé des cinq disques fut produit par le gourou californien et maître ès voix Rick Rubin, l’Unplugged joue sur du velours – le duo a trouvé lors de sa première venue à l’Unplugged, en 2016, l’inspiration à son album… «Snow». La sœur et son frère mettent haut la barre de la musicalité, teintant leurs chansons de motifs cuivrés, de stries d’harmonicas, de mélodies sifflées et d’harmonies vocales aussi parfaites qu’un même ADN peut le permettre. Comme un feu de camp chic et bohème déposé depuis une plage de Byron Bay jusqu’au pied du Cervin, la folk des antipodes cueille l’auditoire, ondule dans la nuit tiède et réalise en notes ce surplus de beauté paisible que le cadre zermattois, si souvent, autorise.

Impressionen Mood Nacht | Taste Village – Zermatt Unplugged fotografiert am Tuesday, 09.04.2024. (Credits: Nicole Roetheli for Zermatt Unplugged)