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Cathédrale de LausanneRéversibles, les futurs bancs de la cathé vivront un siècle

Les chaises actuelles, datées de 1912, seront remplacées dès 2022 par un nouveau mobilier design qui vient d’être dévoilé.

Les conseillers d'État Pascal Broulis et Christelle Luisier lors de la présentation du prototype des nouveaux bancs de la cathédrale de Lausanne, jeudi 28 mai 2020.
Les conseillers d'État Pascal Broulis et Christelle Luisier lors de la présentation du prototype des nouveaux bancs de la cathédrale de Lausanne, jeudi 28 mai 2020.
ARC Jean-Bernard Sieber

Elles ont fait leur temps, les chaises paillées de la cathédrale de Lausanne. Installées dans la nef du vénérables édifice depuis 1912, elles seront remplacées dès Pâques 2022 par de nouveaux bancs dont le design vient d’être dévoilé, après des années d’intense réflexion. Le choix de l’État de Vaud, présenté par les conseillers d’État Pascal Broulis et Christelle Luisier Brodard ce jeudi, s’est porté sur un prototype dont la particularité est d’être doté d’un dossier réversible. Si le concept n’est pas nouveau, puisqu’il existe déjà à l’église Saint-François, à Lausanne, il permettra d’orienter facilement le public, soit en direction du chœur, soit face à l’entrée. La cathédrale, qui a vu passer 475’000 visiteurs en 2019, accueille en effet une diversité d’événements qui va bien au-delà des offices religieux, avec notamment une vingtaine de concerts d’orgue par an.

Fabriqué avec du bois de chêne vaudois, le banc de quatre ou six places a été développé par la société lausannoise GAB Manufacture SA, qui a remporté un appel d’offres lancé en janvier 2020 par le Canton. Elle s’est associée au designer romand Thierry Didot afin d’affiner un préprototype imaginé par le bureau belgo-lausannois Yves Weinand Architectes, en partenariat avec la filière bois de l’EPFL. Il en résulte un banc assemblé sans vis ni colle qui constitue une petite innovation technologique pour ce type de mobilier.

Sujet émotionnel

Christelle Luisier Brodard, dont le nouveau Département des institutions et du territoire (DIT) comprend les Affaires religieuses, a souligné le caractère émotionnel de ces nouveaux bancs. «Avec la cathédrale, on touche à un site symbolique pour tous les Vaudois. C’est peut-être ce qui explique le refus d’un précédent projet par le parlement.» De fait, le projet de remplacer les chaises centenaires remonte à une vingtaine d’années au moins.

Après l’organisation d’un colloque sur la question, quatre prototypes de chaises avaient été présentés au public en 2011, développés par des étudiants de l’ECAL. Mais en 2013 le Grand Conseil avait rechigné à allouer les quelque 350000 francs demandés. L’ouvrage a finalement été remis sur le métier en 2019 par l’État de Vaud, et coûte désormais 280’000 francs pour 78 bancs permettant d’asseoir 460 personnes. Les financements ont été validés par les députés en octobre dernier dans une enveloppe de 10,1 millions de francs destinée à la restauration de la cathédrale (voir encadré).

Les voyants semblent donc être au vert, d’autant que le nouveau banc a été validé par des spécialistes indépendants mais aussi par des membres de la commission d’utilisation de la cathédrale. Son président, Pascal van Griethuysen, également délégué aux Affaires religieuses du Canton, commente: «Le banc est contemporain, sobre sans être austère, et il est surtout durable. Il fallait qu’il puisse plaire pour le siècle qui vient.»