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DisparitionRika Zaraï s’en va sans chemise et sans pantalon

Chanteuse populaire et naturopathe contestée, l’artiste d’origine israélienne s’est éteinte à l’âge de 82 ans.

Rika Zaraï était aussi l’ambassadrice de la chanson israélienne en Europe.
Rika Zaraï était aussi l’ambassadrice de la chanson israélienne en Europe.

Elle était Israélienne mais symbolisait à merveille cette variété française qu’il est généralement de bon ton de mépriser. Née le 19 février 1938 à Jérusalem, d’un père russe et d’une mère polonaise, Rika Zaraï est décédée mardi 23 décembre à l’âge de 82 ans. Nouvelle d’ailleurs communiquée sur Twitter par l’ambassade d’Israël. Nullement illogique: la vedette fut elle aussi une ambassadrice de la chanson israélienne en Europe. Très jeune, elle se prend ainsi de passion pour le chant. Et pendant son service militaire, obligatoire pour les femmes, elle crée une comédie musicale qui obtient un grand succès dans les camps. Mais c’est en France qu’elle décide de poursuivre. Elle y débarque sans crier gare, ne parlant que l’hébreu et l’anglais. C’est insuffisant pour que Bruno Coquatrix, alors directeur de l’Olympia, l’engage. Elle doit apprendre le français.

En revanche, Eddie Barclay, qui cherche des chanteuses à accent, la signe. Sa carrière est dès lors lancée mais les gros tubes ne surgiront qu’à la fin des années 60 avec ce «Casatschok» adapté du Russe qui fait alors danser toute la France. Suivront pêle-mêle «Balapapa», «Alors je chante», «Tante Agathe» et la scie «Sans chemise, sans pantalon». Rengaines de bals populaires, classiques des mariages et autres fêtes familiales, qui feraient presque oublier que Rika Zaraï contribua à faire connaître en francophonie des classiques du répertoire israélien comme «Hava Nagila» ou «Alleluia», l’une des nombreuses chansons victorieuses de l’Eurovision qu’elle a reprises.

Dans les années 80, sa carrière prend un autre tournant avec la parution d’un ouvrage intitulé «Ma médecine naturelle», qu’elle publie en 1985 après onze ans d’étude de la médecine non conventionnelle. Contre toute attente, c’est un best-seller qui se vend à 2 millions d’exemplaires. Un succès qui comporte son lot de polémiques. Les pharmaciens contestent ses prises de position, les humoristes s’en donnent à cœur joie avec la chanteuse. Elle sera même inculpée pour complicité d’exercice illégal de la pharmacie. Elle continuera néanmoins à rédiger des ouvrages dans la même lignée. Tout en enregistrant en parallèle plusieurs albums.

Ces dernières années, elle fut d’ailleurs plutôt active. Invitée régulière des «Grosses têtes» sur RTL, elle participa également à la tournée «Âge tendre et têtes de bois» en 2007. Mais en juin 2008, elle est victime d’un AVC et devient hémiplégique. Il lui faudra des mois de rééducation pour s’en sortir. Douze ans après, en février 2020, elle peut enfin rechanter «Prague», l’un de ses succès de 1966, devant des gens lors d’une soirée. Ce sera là sa dernière prestation publique.

6 commentaires
    Jean-Marc Vaudiau

    Notons que pour guérir du cancer avec des bains de siège, sans chemise et sans pantalons est fort indiquer !