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Bonne adresse de MontreuxRobustos et coronas flambent chez Tabashop

La boutique spécialisée montreusienne propose plus de 1200 cigares différents.

Les Monbaron, spécialistes ès cigares: de dr. à g., Patrick, le père, Rachel et Yann dans leur nouvelle cave à cigares.
Les Monbaron, spécialistes ès cigares: de dr. à g., Patrick, le père, Rachel et Yann dans leur nouvelle cave à cigares.

Tabashop, à Montreux, enseigne ouverte il y a cinquante ans et entièrement revue et modernisée ces derniers mois, c’est clairement la caverne d’Ali Baba dans l’Est vaudois pour l’aficionado de cigares. Au fond de l’échoppe se trouve le graal: la cave à parejos (modules droits) et autres figurados, humidifiée selon les règles de l’art. «Nous avons tout transformé, donné à notre magasin une identité forte autour du cigare et augmenté notre gamme avec la sélection des meilleurs produits du monde», annonce Patrick Monbaron, qui dirige en famille cette boutique spécialisée (reprise en 1996), qui vend aussi tous les accessoires des amateurs de volutes.

«Étant le premier client de Tabashop, je teste tout ce que nous vendons. Ça me donne la possibilité de raconter l’histoire de chaque cigare»

Yann Monbaron

Son fils Yann, passionné depuis l’âge de 20 ans, est chargé, avec son père, de la sélection des vitoles. Patrick lui a offert la possibilité depuis douze ans de se familiariser en sillonnant le monde latino: Cuba et République dominicaine bien sûr, mais aussi Nicaragua, Honduras, Costa Rica. Il en ramène les meilleurs modules (format du cigare). «Je vais voir les producteurs, qui m’expliquent leur vision, montrent leur savoir-faire. Tout est basé sur la confiance, avec des liens commerciaux de longue date. Je choisis, je négocie. Étant le premier client de Tabashop, je teste tout ce que nous vendons. Ça me donne la possibilité de raconter l’histoire de chaque cigare.»

La cave montreusienne ne propose pas moins de 1200 modules différents. Chez les Monbaron, avec aussi Rachel, fille de Patrick, et les vendeuses, on mise à fond sur le conseil. «Je peux passer vingt à vingt-cinq minutes pour guider au mieux le néophyte comme le passionné, poursuit Yann. J’essaie en fonction de ses goûts, aussi en termes de gastronomie, de vins ou de liqueurs qu’il consomme, à quel moment il fume, régulièrement ou occasionnellement, de lui trouver le cigare parfait, en termes de taille, de force, d’arôme, d’odeur.»

Un assortiment de différentes vitoles et modules dans la nouvelle cave à cigares.
Un assortiment de différentes vitoles et modules dans la nouvelle cave à cigares.

Le cigare, produit agricole naturel, sans produit chimique, papier, filtre – très nuisibles –, peut s’apparenter au vin. «Là aussi, le terroir est la base, puis viennent le climat et l’ensoleillement, les moyens de conservation, le vieillissement. Seule différence notable et absolument capitale: l’humidité. Au Nicaragua, par exemple, au pied des volcans traversés par des rivières, elle atteint 80%», détaille le jeune commerçant. La dégustation, conviviale, peut s’apparenter aussi à celle d’un bon vin. Il faut souvent y consacrer du temps. Ici diamètre et taille conditionnent la combustion et donc le plaisir. Les formes, longueurs, types sont légion. Parmi les plus connus: corona, demi-tasse, panatella, churchill, lonsdale, etc. «Mais depuis quelques années la vedette c’est le robusto, petit ou long», confie Yann.

Dans leur écrasante majorité, les cigares Tabashop sont des roulés main, avec des exclusivités, des labels de grande qualité, issus de dépositaires de grandes vitoles. Il y en a plein les étagères, en boîte comme à la pièce. «Nos clients, qui viennent de toute la Suisse romande, ont l’embarras du choix», appuie Patrick. À 5 francs on fume un puro honorable, pour une thune de plus on a en déjà un très bon. Les prix sont très variables et, pour une rareté, peuvent atteindre 500 francs l’unité. Rachel Monbaron, à la demande, effectue des gravures personnalisées au laser sur la cape. Yann met sur pied des dégustations dans des hôtels et restaurants.

«Fumer moins mais mieux»

L’image du capitaliste à haut-de-forme, barreau de chaise au bec, écrasant le prolétariat, est dépassée. «Le cigare s’est énormément démocratisé et repart en flèche. Beaucoup de femmes le fument. J’ai des motards, des tatoués, des quadras, des plus âgés, des néophytes comme de grands passionnés. Mais aussi beaucoup de jeunes clients d’une vingtaine d’années, sportifs, qui ne fument pas de cigarettes, achètent régulièrement des cigares pour les fumer le week-end entre copains. Aujourd’hui, c’est une évidence, il faut fumer moins… mais mieux. Le cigare s’y prête parfaitement.»

Si les cigares se vendent surtout en magasin, plusieurs grossistes vaudois écoulent les vitoles via internet. Ahora Cigars, à Yverdon, les fait exclusivement fabriquer en République dominicaine pour les écouler en Suisse. Tabashop, qui diffuse une lettre d’information deux fois par mois, a également allumé la Toile. «Nous avons 7000 clients en ligne. De nouveaux chaque jour», conclut Patrick.

Tabashop, Grand-Rue 46, Montreux.www.tabashop.ch

9 commentaires
    Jacques Gilman

    Tres bon article. J'ai fume jusqu'en 2003. La derniere annee et a cote des cigarettes, je fumais un cigare par jour dans mon jardin, l'apres-midi. Un vrai delice. La cigarette ne me manque pas mais un bon cigare... Ceci dit, il n'est pas possible de fumer le cigare toute la journee et le cigare conduit a la cigarette. La seule solution est malheureusement de renoncer completement au tabac.