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AboVague de violence au Royaume-Uni
Les émeutes britanniques révèlent l’influence de l'extrême droite

Manifestation tendue ce dimanche devant l’hôtel Holiday Inn Express de Rotherham, en Angleterre, où sont logés des migrants.
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Réunion de crise ce lundi à Londres. Après une semaine d’émeutes ciblant les mosquées et les hôtels qui hébergent des requérants d’asile à travers l’Angleterre et l’Irlande du Nord, le nouveau gouvernement travailliste a réuni d’urgence les experts sécuritaires du Comité Cobra. Leur mission: tenter de mettre fin à la vague de violences qui secoue le pays.

En effet, la rue ne décolère pas, outre-Manche, depuis qu’un adolescent de 17 ans a attaqué au couteau, lundi 29 juillet, les participants d’un camp de danse et de yoga à Southport, tuant trois fillettes de 6 à 9 ans. Il a aussi blessé huit autres enfants ainsi que deux adultes.

Dès le lendemain, des manifestations violentes éclataient dans cette ville située à 30 km au nord de Liverpool. Mercredi, elles frappaient Londres, Manchester et d’autres villes. Ce week-end, elles se sont encore multipliées, atteignant même Belfast, en Irlande du Nord. Des policiers par dizaines ont été blessés lors de ces confrontations avec les protestataires islamophobes et antimigrants.

Réseaux de désinformation

En effet, une rumeur s’était rapidement répandue sur les réseaux sociaux à partir d’un article de désinformation diffusé sur Channel 3 News: le tueur serait un musulman syrien arrivé clandestinement par bateau en 2023. Pourtant, la police a révélé jeudi qu’il s’agit en réalité d’un jeune natif de Cardiff, dans le Pays de Galles, issu d’une famille rwandaise. Axel Rudakubana – c’est son nom – a été arrêté, inculpé pour meurtre, et il comparaîtra devant un tribunal en octobre.

La violence a éclaté au cours de la manifestation antimigrants devant le Holiday Inn Express Hotel de Rotherham.

Mais cette communication officielle n’a pas du tout calmé la vague de colère. L’étincelle ayant mis le feu aux poudres, il est difficile maintenant d’éteindre l’incendie. Surtout si les flammes sont volontairement attisées. C’est ce que dénonce le premier ministre, Keir Starmer: «Il ne s’agit pas d’une manifestation qui a dégénéré», déclarait-il jeudi. «Il s’agit d’un groupe d’individus qui sont absolument déterminés à commettre des actes de violence.»

Extrémistes à la manœuvre

Des membres de factions d’extrême droite, dont des néonazis, des hooligans et des militants antimusulmans, ont ouvertement participé aux troubles et les ont encouragés sur les réseaux sociaux. La police accuse en particulier les partisans du groupe English Defence League d’avoir utilisé leur réseau pour fomenter ces actions coup de poing. Même si la plupart des manifestants ne sont pas forcément d’extrême droite, des mouvements extrémistes s’efforcent bel et bien de créer les conditions pour qu’éclate la violence. Avec succès.

«C’était clairement prévisible depuis un certain temps», s’énerve Sara Khan, qui a fait office de conseillère antiterroriste pour les précédents gouvernements conservateurs de Theresa May, Boris Johnson puis Rishi Sunak. «Tous mes rapports l’ont montré: premièrement les menaces extrémistes et les menaces sur la cohésion s’aggravent, et deuxièmement notre pays est terriblement mal préparé. Des lacunes dans notre législation permettent à ces extrémistes d’agir en toute impunité.»

Sara Khan fut la conseillère antiterroriste des gouvernements conservateurs de Theresa May, Boris Johnson puis Rishi Sunak.

Elle accuse les Conservateurs d’avoir laissé la voie libre pour la violence d’extrême droite. «Ils ont supprimé la stratégie de lutte contre l’extrémisme [en 2021], y compris toutes les ressources et tous les financements destinés aux zones locales du pays qui sont aux prises avec des activités et des acteurs extrémistes. Et le gouvernement, à l’époque, ne l’a pas remplacée par quoi que ce soit. Il a laissé les autorités locales se démener pour faire face aux problèmes d’extrémisme dans leur région», confie-t-elle en exclusivité au quotidien de gauche «The Guardian».

Discours incendiaires

Ce n’est pas tout. Sara Khan, une musulmane britannique élevée à Bradford, accuse la droite britannique d’avoir aggravé la situation avec des discours et des politiques antimigrants carrément irresponsables. «Il y a bien sûr un débat légitime sur l’immigration, les chiffres et toutes ces choses, mais il y a une façon de parler de ces questions sans utiliser un langage déshumanisant et incendiaire. Parce qu’en utilisant ce langage, on voit les extrémistes le coopter. Les gens se disent: «Si les politiciens peuvent utiliser ce langage, pourquoi pas nous?»

Les manifestants, ce dimanche près d’un hôtel hébergeant des requérants d’asile à Aldershot, en Angleterre, appelaient les autorités à soutenir les Britanniques en difficulté, plutôt que de dépenser l’argent public pour loger les migrants.

Chaque année, des dizaines de milliers de migrants atteignent les côtes britanniques par canots pneumatiques, ce qui a rendu très visible leur arrivée clandestine. Des demandeurs d’asile ont été hébergés dans des hôtels payés par le gouvernement, provoquant des tensions locales.

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