Portes ouvertes à Saint-LégierLe tir sportif vise l’égalité
Pour célébrer les 200 ans de la Fédération sportive suisse de tir, les Jeunes Tireurs ont fait découvrir samedi cette discipline en plein essor, notamment auprès des femmes.

«Ah, alors faut pas qu’on te cherche! Généralement c’est ce que j’entends quand je fais part de ma passion pour le tir, mais ça n’a pas de sens, le temps de charger mon arme, tout le monde peut s’enfuir en courant!» plaisante Céline Cherix, adepte de tir depuis ses 12 ans. À ses côtés, Prune Aguet et Mescaline Grobsheiser, coorganisatrices de cette journée d’initiation, acquiescent en souriant.
«C’est le genre de propos qui reviennent souvent quand on est une femme dans le monde du tir sportif», confie Prune, également vice-présidente de la société des Jeunes Tireurs de Saint-Légier. Au rythme des détonations derrière elles, toutes trois partagent leurs expériences au sein de la discipline. Avant de toucher un pistolet ou une carabine, Prune faisait partie des personnes qui dénigrent le tir, l’associant à la violence et au danger. «Comment je me suis retrouvée responsable de la section pistolet d’une telle société? C’est mon conjoint qui, après six mois à essayer de me convaincre, a réussi à me faire essayer en 2018. Je n’ai plus arrêté depuis.»

Faire un carton sur les clichés
Derrière les trois femmes, les curieux défilent, intrigués par cet univers souvent méconnu. Comme l’explique Prune, «notre volonté, c’est d’accueillir tout le monde et d’aller au-delà des clichés». Au total, c’est plus d’une trentaine de personnes qui ont pu s’essayer à cette pratique lors de la journée organisée dans le cadre des 200 ans de la Fédération sportive suisse de tir. Partout dans le canton, plusieurs sociétés ont ouvert leurs portes ce week-end et recommencent le 20 avril.
«On espère que les personnes qui sont passées aujourd’hui reviendront samedi prochain avec leurs proches», déclare Prune. Rapidement, un petit groupe rappelle la vice-présidente à ses obligations. Assise à une table, elle dispense les instructions et consignes de sécurité. Autour d’elle, un père et son fils de 12 ans, un retraité mais aussi la maman d’une des nombreuses filles du club l’écoutent, les yeux pétillants.

De la vaisselle au pas de tir
Même si les statuts de la société n’ont jamais exclu les femmes, la présence d’un grand nombre d’entre elles aujourd’hui n’est pas anodine. «Avant, elles venaient pour faire la vaisselle, et maintenant, c’est pour monter le niveau», souligne Gérard Gygli. Sous un air provocateur, lui qui est vice-président de la section carabine au sein de la société, membre depuis plus de cinquante ans, parle de l’évolution des mœurs: «Celles qui venaient au début, c’étaient surtout les épouses de nos tireurs, puis petit à petit, ça s’est élargi.» Avec une vingtaine de femmes sur une centaine de membres, le club qui se veut ouvert à toutes et tous connaît un franc succès.
À l’intérieur du stand de Praz-Hier, le groupe qui vient d’acquérir les quelques notions de base se divise et prend place sur les pas de tir. Pamirs de protection sur les oreilles, les débutants pressent timidement sur la détente puis, très vite, c’est la hâte de découvrir si l’on a réussi à atteindre la cible qui prend le pas sur les premières appréhensions. Loin des clichés qui associent tir et violence, l’exercice relève plus de la méditation.
«Il faut souffler, prendre son temps et jouer avec sa respiration», glisse l’instructeur entre deux coups. Comme le mentionne Prune, «on apprend énormément sur soi-même. Si on arrive en étant préoccupé, nos résultats le refléteront.» Tireuse depuis l’âge de 50 ans, Mescaline acquiesce. À ses yeux, l’exercice est loin de la démonstration de force. «On se recentre sur notre propre personne et ça permet de se vider la tête, c’est mieux que le yoga!»

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