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ÉditoSans effort, l’eau finira par nous manquer

Déjà jaunes avant l’automne, les arbres de nos rues semblent présager le réchauffement avec de plus en plus d’insistance. En 2003, après la canicule qui avait surpris par son intensité, les forêts avaient précocement posé leur lit de feuilles mortes. On s’en était étonné, inquiété. Aujourd’hui, les ruisseaux secs, les étiages décalés et autres pénuries d’eau locales sont devenus monnaie courante. Sans grand bruit, le «château d’eau de l’Europe» fait face à l’arrivée, désormais documentée, du climat méditerranéen. Même s’il est presque encore contre-intuitif pour le quidam de s’en préoccuper, les spécialistes de l’eau et, plus généralement, du climat, invitent, quant à eux, à une prise de conscience.

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Dans le canton, l’eau est bel et bien présente sous les roches, dans les lacs. Mais l’atteindre ou la pomper plus avant ne sera pas toujours possible. Les obstacles peuvent être économiques, ou simplement physiques. Pour leur rentrée politique, les Vert·e·s vaudois veulent mettre l’accent sur ces réalités en invitant les Communes et les propriétaires de villas à récupérer l’eau de pluie. Si la chose n’est pas simple, toute préservation de l’eau potable doit être prise en considération, jugent-ils. La chaleur fera monter les besoins sans que les ressources augmentent.

«Dans le canton, l’eau est bel et bien présente sous les roches, dans les lacs. Mais l’atteindre ou la pomper plus avant ne sera pas toujours possible»

Les collectivités publiques ont lancé les chantiers pour retenir les flux, là où c’est possible. C’est une œuvre de titan qui implique des efforts de coordination entre les différentes branches concernées: agronomie, géologie, chimie, biologie, physique, météorologie, entre autres. La logique doit être transversale. Le souci de l’eau parcourt de très nombreux phénomènes dus au réchauffement, que ce soit les sécheresses ou les inondations ou encore la fonte des glaciers.

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Ce travail constant de recherches de solutions n’exonère cependant pas le citoyen de faire ce qu’il peut pour respecter la ressource numéro un de notre existence. Que l’eau du robinet nous inspire le respect! Ce printemps, un certain virus est venu balayer le sentiment (un peu absurde, il faut le dire) de vivre dans un monde sûr. Lorsque les masques ont manqué partout sur terre, les nations n’ont pas fait preuve d’une grande solidarité; c’est le moins qu’on puisse dire. Imaginez ce qu’il se passerait si l’eau venait à manquer.