Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Compagnons thérapeutiques
Un animal à la maison apaise le corps et la tête

Girls lying on the floor and playing with her pets
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

Chats, chiens, rongeurs, oiseaux ou espèces plus exotiques… les amis des bêtes savent combien vivre avec un animal de compagnie est source de bonheur au quotidien. Mieux encore: comme le montrent la science et plusieurs recherches menées sur l’impact des liens que nous développons avec eux, ils apportent de nombreux bénéfices sur la santé physique et mentale.

Certaines études se concentrent sur les enfants et les personnes âgées en bonne santé. D’autres s’intéressent à des populations atypiques, telles que les enfants avec un trouble du déficit de l’attention et hyperactivité ou du spectre autistique, ou encore les personnes âgées souffrant de démence. À noter qu’il faut «bien faire le distinguo entre les bienfaits de la présence de l’animal dans un foyer et la médiation animale, qui a pour but d’améliorer la capacité de l’individu à fonctionner au quotidien» (lire encadré), souligne Nicolas Dollion, maître de conférences en psychologie du développement au laboratoire Cognition, santé et société de l’Université de Reims, en France.

Une meilleure santé physique

Les effets sur la forme physique ont été surtout étudiés avec les chiens, espèce animale plus facile à entraîner que d’autres. Sortir son compagnon plusieurs fois par jour est en effet un bon moyen d’augmenter son activité physique, un facteur protecteur de premier ordre pour la santé.

Chez les personnes âgées notamment, l’animal, qui est aussi un antidote à la solitude, se révèle donc être un atout pour le maintien de l’activité physique. Chez les adolescents, la présence d’un chien à la maison, pour ces mêmes raisons, réduit le temps passé devant les écrans et la sédentarité.

Par ailleurs, on sait que vivre avec un animal de compagnie diminue les risques d’accidents cardiovasculaires et d’hypertension artérielle. Une étude américaine menée sur des personnes âgées de 50 à 83 ans a démontré que les propriétaires de chat avaient une tension moins élevée que les autres.

Ce n’est pas tout! Vivre avec un animal serait aussi bon pour le cerveau, comme l’a montré une étude récente qui mesurait la mémoire et la fluidité verbale chez les personnes âgées vivant seules.

Chez les malades atteints de l’alzheimer résidant en institution, la présence de chiens ou de rongeurs peut diminuer certains comportements propres à la maladie (errances nocturnes, agitation, irritabilité, etc.). «Quelques études indiquent même un ralentissement du déclin cognitif, une stabilisation, voire une amélioration des capacités cognitives, mais ces résultats doivent être confirmés», nuance Nicolas Dollion.

Bon pour la santé mentale

La littérature évoque également que cela limiterait les risques de dépression et d’anxiété. «Le Covid-19 a été une très bonne occasion pour étudier ces effets», note Nicolas Dollion. Deux hormones jouent à ce titre un rôle majeur: le cortisol et l’ocytocine. La sécrétion de cortisol (l’hormone du stress) est moins élevée chez les propriétaires d’animaux. Cela se traduit par un niveau d’anxiété plus bas, aussi bien chez la personne âgée que chez l’enfant. Quant à l’ocytocine (l’hormone de l’attachement), sa sécrétion augmente lorsque le maître interagit avec son chien, par exemple par des échanges de regards. Un taux plus élevé d’ocytocine signifie moins de stress et donc plus de bien-être.

«Le fait de prendre soin de son animal permet de se décentrer de soi», ajoute le Français Daniel Marcelli, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et auteur de divers ouvrages*. On peut tisser avec lui des relations très privilégiées: «C’est un être précieux, qui apporte du réconfort et à qui l’enfant peut confier ses secrets sans avoir peur d’être trahi», poursuit le psychiatre. Pour les plus jeunes, avoir auprès de soi un être qui donne le sentiment d’être compris améliore la santé mentale et l’estime de soi.

En cas de trouble du spectre autistique, la relation avec le chien peut restaurer beaucoup de choses, illustre Nicolas Dollion: «Lorsque l’enfant voit que son chien l’écoute et obéit à des ordres simples comme «assis» ou «couché», son sentiment d’efficacité et son estime de soi augmentent.»

La présence d’un animal dans le foyer soutient également le développement socioémotionnel de l’enfant et lui permet d’exercer des comportements sociaux positifs qu’il pourra étendre ensuite aux autres personnes. «On observe davantage de comportements prosociaux et une plus grande empathie chez les enfants ayant grandi avec un animal de compagnie», confirme le chercheur. Enfin, cela renforce la cohésion familiale, cette présence créant des moments de vie positifs et partagés.

Pour autant, «l’animal n’est pas une pilule magique, conclut Nicolas Dollion. Peu importe l’espèce ou la race, pour que ces bienfaits soient présents, il faut que la personne ait un intérêt pour l’animal. Et, condition sine qua non, qu’elle développe un attachement à son égard.» Enfin, assurer le bien-être de l’animal et respecter ses besoins sont essentiels pour une relation fructueuse.

*Notamment «L’enfant, l’animal, une relation pleine de ressources», avec Anne Lanchon (Érès, 2017), «Trop de choix bouleverse l’éducation», avec Antoine Périer (Odile Jacob, 2023).

EN COLLABORATION AVEC PLANÈTE SANTÉ

Newsletter
«Dernières nouvelles»
Vous voulez rester au top de l’info? «24 heures» vous propose deux rendez-vous par jour, directement dans votre boîte e-mail. Pour ne rien rater de ce qui se passe dans votre Canton, en Suisse ou dans le monde.

Autres newsletters