Voici venir la bouteille compostable

La solutionLes thés froids de la marque Vitalay sont conditionnés dans des bouteilles fabriquées à base de déchets de canne à sucre.

Ciprian Sauca présente sa gamme de thés froids dans l'ancien garage qui lui sert de bureau.

Ciprian Sauca présente sa gamme de thés froids dans l'ancien garage qui lui sert de bureau. Image: Georges Cabrera

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Pour lui, le contenant est aussi important que le contenu. Ciprian Sauca, qui a lancé une gamme de thés froids artisanaux aux arômes raffinés, ne se voyait pas les vendre dans de vulgaires bouteilles en PET. Cela ne collerait pas avec la philosophie de Vitalay, sa petite entreprise installée à Bernex, dont il est le patron et sa mère l’unique employée. «Nous faisons un produit de qualité et de tradition, avec exclusivement des ingrédients naturels, souligne-t-il. Le mettre dans des bouteilles en plastique polluantes irait à l’encontre de tout ce que nous avons voulu réaliser.»

Une matière première végétale

C’est ainsi qu’il est tombé sur une start-up bordelaise ayant inventé un procédé pour fabriquer des bouteilles à base de matières végétales, en l’occurrence des déchets de canne à sucre. Celles-ci ressemblent en tout point à des bouteilles en PET, à la différence qu’elles sont biodégradables et compostables. Même l’étiquette est faite de canne à sucre, de lin et de chanvre. «Nous avons un emballage naturel pour un produit naturel, se félicite Ciprian. Seul le bouchon n’est pas biodégradable, pour l’instant. Si vous enfoncez cette bouteille dans la terre, elle va finir par se décomposer tout en nourrissant le sol», explique l’entrepreneur de 28 ans, qui précise toutefois que ce n’est pas une raison pour la jeter n’importe où.

Léger bémol, l’État n’en veut pas dans la «P’tite poubelle verte» pour les déchets organiques, parce qu’elle met plus longtemps à se décomposer que les épluchures de carotte ou les restes de repas. «Mais même si la bouteille doit finir à l’incinérateur, cela ne pollue pas vu que ce n’est que du sucre. Quand vous la brûlez, ça sent le caramel.» Quant au bilan carbone alourdi par la provenance de la bagasse de canne à sucre — l’Indonésie — c’est un moindre mal aux yeux de Maïko Nicolet, cofondateur de la chaîne de restaurants Inglewood, qui a été parmi les premiers à vendre les thés froids Vitalay: «Le plastique est un tel problème pour l’environnement qu’il est bien moins grave de faire venir de la canne à sucre d’Indonésie.»

Les bienfaits de l’infusion à froid

Ciprian Sauca s’est lancé dans l’aventure il y a quatre ans, après avoir découvert toute la finesse et la variété des thés haut de gamme ramenés de Chine par un ami. «On se faisait des soirées dégustation, se souvient-il. Le monde du thé est aussi riche que celui du vin.» À l’origine, il conditionnait son thé froid dans des bouteilles en verre, jusqu’à ce qu’il découvre le principe de l’infusion à froid. «Cela garde beaucoup mieux les arômes que l’infusion à chaud, explique Ciprian. On respecte la plante, on ne la stresse pas, elle peut s’ouvrir toute seule. Du coup, il n’y a pas d’amertume. Mais cela prend plus de temps, et puis il faut faire une pasteurisation à froid, ce qui n’est pas possible avec des bouteilles en verre.» D’où, de fil en aiguille, le choix des bouteilles biodégradables.

Utilisant des recettes traditionnelles pour concocter leurs breuvages à base de thé wu long, de sencha ou de thé vert au jasmin, Ciprian et sa mère produisent bon an mal an entre 250 et 500 litres de thé froid par jour. Celui-ci se vend désormais dans une soixantaine de restaurants et une dizaine d’épiceries dans toute la Suisse romande. Maïko Nicolet et son frère Bastien, patrons d’Inglewood, ont tout de suite été séduits par ces thés, au point de cofinancer l’unité de production de Vitalay: «Nous avons totalement arrêté de vendre les grandes marques de thé froid, confie Maïko. Nous vendons même davantage de thé Vitalay que de Coca.»

Créé: 19.01.2019, 17h13

Le problème

De nos jours, seule une infime quantité des déchets en plastique est recyclée. La majorité finit dans la nature, notamment dans les océans, où ces déchets constituent ce qu’on appelle le 7e continent. Or, selon l’ONU, certaines bouteilles en plastique mettent plus de 450 ans à se décomposer. AN.G.

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