Traiter le glaucome à l’aide de techniques micro-invasives

SantéEntretien avec trois spécialistes en ophtalmochirurgie du glaucome, des paupières et de la cataracte.

Le glaucome peut rendre aveugle.

Le glaucome peut rendre aveugle. Image: DR

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Entre 60'000 et 100'000 personnes en Suisse sont atteintes d’un glaucome. Elles ont majoritairement entre 70 et 80 ans. «Mais on estime que la moitié des individus touchés ne le savent pas», affirme le Dr Eamon Sharkawi. Ce spécialiste lausannois, fondateur du Swiss Eye Centre et ancien chef d’unité à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, sera l’un des orateurs de la prochaine conférence médicale organisée par «24 heures» et le groupe Hirslanden, consacrée à l’ophtalmochirurgie. Au menu, outre la chirurgie du glaucome, celles de la cataracte et des paupières, avec les Dr Barbara Spahn et Christophe Wiaux*. Au début, aucun symptôme perceptible ne signale la présence d’un glaucome, une maladie qui induit une destruction lente du nerf optique pouvant déboucher sur une cécité complète. «C’est la vision périphérique qui se détériore d’abord, les personnes ne s’en rendent donc pas forcément compte», précise le Dr Sharkawi, qui recommande un dépistage régulier chez l’ophtalmologue à partir de 40 ans. «On ne peut pas guérir cette maladie, mais on peut la prévenir et, lorsqu’elle est diagnostiquée, la stabiliser grâce à une palette de traitements.»

L’augmentation de la pression dans l’œil, causée par l’évacuation insuffisante du liquide contenu dans le globe oculaire, est la cause principale du glaucome. Le dépistage consiste donc d’abord à mesurer la pression. D’autres examens sont effectués selon les cas. «En général, on traite d’abord avec des gouttes, voire des médicaments. Mais lorsque ces derniers n’ont plus d’effet, on recourt à la chirurgie.» Celle-ci a connu de très grands progrès ces dernières années, à Lausanne notamment où des techniques micro-invasives, évitant d’entrer complètement dans l’œil, ont été développées par des spécialistes lausannois, dont le Dr Sharkawi.

Ce dernier est le premier en Suisse à avoir mis au point la voie dite trabéculaire, du nom du trabéculum, le canal de 360 degrés qui encercle les extrémités de l’iris et constitue la voie principale, et naturelle, de drainage dans l’œil.

L’intervention consiste le plus souvent à simplement dilater le canal. Dans certains cas, la pose d’un stent est indiquée ou, si la maladie est plus avancée, une incision de la paroi interne du canal sera nécessaire. Ces traitements permettent de rétablir un drainage satisfaisant et ainsi de diminuer la pression et d’éviter les gouttes. «Pour le patient, ils changent la vie», se félicite le Dr Sharkawi.


*Chirurgie oculaire: à propos de la chirurgie du glaucome, de la cataracte et des paupières. Conférence avec les Dr Eamon Sharkawi, Christophe Wiaux et Barbara Spahn, spécialistes en ophtalmochirurgie. Mercredi 14 novembre, 20 h, Hôtel Alpha Palmiers, Lausanne. Entrée libre

En collaboration avec Hirslanden (24 heures)

Créé: 07.11.2018, 12h00

Lésions des paupières

«Trop de gens attendent avant de consulter»

Spécialiste en chirurgie oculoplastique, reconstructive, des voies lacrymales et de l’orbite, le Dr Barbara Spahn présentera les différentes interventions qui se pratiquent sur les paupières (supérieure et inférieure).
Les mouvements de paupières – elles effectuent près de 10'000 clignements de l’œil par jour – servent à chasser les impuretés qui se déposent sur la cornée et à éviter l’assèchement de l’œil.

Il sera bien sûr question de chirurgie esthétique et reconstructive (lifting des paupières, notamment, reconstruction après un accident), mais pas seulement. Une longue liste de lésions cutanées, bénignes (angiomes, kystes, chalazions) et malignes (diverses tumeurs), nécessitent d’opérer les paupières.

«Trop de gens attendent de consulter lorsqu’ils découvrent «un petit truc» sur une paupière, c’est dommage», constate le Dr Spahn. Une biopsie permet d’établir le diagnostic. La peau des paupières est très sensible et les cancers de la peau ne sont pas rares.

Cataracte, maladie de l’âge

L’opération de la cataracte constitue l’intervention chirurgicale la plus pratiquée dans le monde. Avec l’âge, le cristallin perd de sa souplesse et de sa transparence. Une baisse de la vision, des éblouissements signalent une éventuelle cataracte que le médecin diagnostique en effectuant un examen de l’œil. À 85 ans, deux personnes sur trois sont touchées. L’opération consiste à remplacer le cristallin opacifié par une nouvelle vitre transparente (ou implant) la plus adaptée à l’œil afin de rétablir une bonne vision. Les éventuels défauts visuels sont corrigés.

«Lors de la chirurgie, le cristallin est délicatement fragmenté par des ultrasons puis aspiré via une ouverture de 2 mm. L’implant est ensuite placé dans l’œil», explique le Dr Wiaux. Le recours au laser pour augmenter la précision des incisions et ramollir le cristallin fait débat en raison de son rapport coût/bénéfice. La partie laser d’une opération n’est pas remboursée par les assurances. Les progrès futurs, le Dr Wiaux les voit dans des implants qui s’ajusteront encore mieux et qui auront des propriétés proches de celle du cristallin naturel.

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