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L’invitéSauvons le patrimoine exceptionnel du Mormont

Pierre Zwahlen s’oppose à l’extension de la gravière du cimentier Holcim.

La colline du Mormont abrite un trésor archéologique et un site d’une biodiversité exceptionnelle au-dessus des villages de La Sarraz et d’Éclépens. Plus grand émetteur de CO2 du pays, le cimentier Holcim veut pourtant agrandir encore l’excavation de la colline dans des volumes insensés. De l’aveu même de l’entreprise, «l’industrie cimentière suisse représente 6,5% de la totalité du CO2 émis par les activités humaines du pays».

Pourquoi faire barrage à cette extension? Parce qu’elle signerait la destruction irrémédiable d’un joyau du patrimoine vaudois.

«Un haut lieu de diversité de la faune et de la flore en terre vaudoise. Une part importante du domaine est classée à l’Inventaire fédéral des paysages et des sites naturels.»

Le Mormont est un haut lieu de diversité de la faune et de la flore en terre vaudoise. Une part importante du domaine est classée à l’Inventaire fédéral des paysages et des sites naturels (IFP). On peut y observer l’alouette des champs, le faucon crécerelle, la chouette hulotte, le murin à moustaches, la belette, le chamois, le cerf, le lézard agile, le sonneur à ventre jaune, le lucane cerf-volant et bien d’autres.

Trente-deux espèces présentes au Mormont sont inscrites sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs menacés de Suisse. Relevées sur la colline, 75 autres espèces figurent sur la Liste rouge des animaux menacés dans le pays. Le climat chaud et sec favorise également une flore remarquable: nombreuses espèces d’orchidées, chênes pédonculés, etc.

C’est aussi un site archéologique rare, classé bien culturel suisse d’importance nationale. Son sanctuaire celtique, unique en Europe, compte quelque 260 fosses creusées dans la terre jusqu’au rocher, un siècle avant J.-C. On y a retrouvé des ossements humains et d’animaux, des bijoux, des outils en fer, des meules en pierre.

Depuis 1953, la cimenterie exploite la carrière, dévore la colline. Plusieurs maisons d’Éclépens montrent des dommages, dus aux vibrations des tirs de mines. Des hectares de surfaces d’assolement disparaîtraient.

Autorisation incompréhensible

Il y a cinq ans, le Grand Conseil a validé le vœu de sa commission chargée d’étudier le plan directeur des carrières révisé: Holcim doit cesser d’étendre ses excavations au sommet du Mormont. Dans l’intervalle, l’autorisation d’extraire 3 millions de m3 supplémentaires échappe à tout entendement du côté de la Birette. Le Tribunal fédéral se prononcera sur le recours l’an prochain. La zone à défendre est occupée courageusement depuis mi-octobre dernier – pour éviter un massacre.

Dans des travées adverses du parlement vaudois, les questions que je pose à l’Exécutif ont soulevé un brouhaha indigné. Les besoins en ciment primeraient-ils sur la destruction du climat, du paysage, du patrimoine naturel et archéologique?

Plus que jamais, bois, paille et autres alternatives peuvent remplacer le béton dans la construction. Il est très probable que le Conseil d’État n’autoriserait plus aujourd’hui d’étirer encore le périmètre de la carrière. Éventrer davantage le Mormont contrevient aux plans cantonaux, tant pour la biodiversité qu’en faveur du climat. Sauvegardons ce site cher aux Vaudoises et Vaudois.

8 commentaires
    Yvan Dressompert

    Oui stoppons carrément l’exploitation! Nous achèterons le ciment à ‘étranger puisque les temps sont à la délocalisation des nuissances

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