«Mon enfant a vu du porno»

FEMINADans un monde ultraconnecté, difficile d'éviter la confrontation à des images non souhaitées. Il est bien de s'y préparer.

Image: Illustration: Lavipo

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Mon fils de 9 ans a vu des vidéos porno sur la tablette familiale. Je ne veux pas que cela le traumatise. Que faire?»

Esther, 35 ans

Réponse de l'expert:

Cela devait arriver. Nous sommes d’accord, 9 ans est un âge précoce pour cette première expérience. Selon une étude américaine menée en 2002 sur un échantillon d’étudiants, 19,7% des garçons et 12,7% des filles entre 6 et 10 ans rapportent avoir visionné du matériel pornographique. En 2018, alors que la technologie et l’accès à internet se sont démocratisés, il est probable que ce nombre ait augmenté. Cette recherche conclut qui si 80% des enfants ont eu une activité sexuelle avant 13 ans, une large majorité pense que leurs expériences étaient normales. Il s’agit de rappeler ici que la sexualité fait déjà partie du monde de l’enfance, bien qu’elle ait une forme et un sens différents de celle des adultes. Cela dit, les enfants ont besoin d’un encadrement pour entrer dans l’espace de la sexualité.

De la fiction!

La pornographie est un support qui va donner des points de référence aux enfants. Elle va créer des systèmes de normes sexuelles sur lesquelles ils s’appuieront. Décriée pour ces normes trop souvent réductrices, elle tend à se diversifier et à proposer d’autres références.

Cependant, l’enfant a besoin d’être accompagné pour comprendre qu’il existe une différence fondamentale entre ce qu’il voit à l’écran et ce qu’il vit au sein de son propre érotisme. Que ce soit du porno éthique ou mainstream, ce sont des mises en scène. Le parent peut évoquer ces différences avec l’enfant afin de planter des graines qui germeront au fil du développement et des rencontres qu’il fera.

Tenter d’éloigner ses enfants du porno n’est pas forcément une solution, car ils y auront accès malgré les interdits. D’ailleurs la pornographie n’est pas mauvaise en soi. C’est le rapport que l’on entretient avec elle qui définit si elle est un bon ou un mauvais objet. Le parent peut aider à construire un rapport le plus sain possible avec ces images.

Notre expert
Cette semaine envoyez vos questions à Nicolas Leuba, psychologue, psychothérapeute FSP, thérapeute de couple, spécialiste en sexologie SSS: nicolas.leuba@femina.ch

Retrouvez plus de contenu Femina sur www.femina.ch (Femina)

Créé: 07.05.2018, 10h38

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

«Les agriculteurs sous pression et les vaches orphelines», paru le 26 mai 2018
(Image: Valott) Plus...