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Les enfants ne dorment pas comme les adultes

Adultes et enfants n'ont pas la même façon de dormir, selon une étude helvético-américaine.

Chez les enfants, c'est plutôt le cortex moteur ou sensoriel qui est actif pendant la journée et qui a besoin de repos pendant la nuit.
Chez les enfants, c'est plutôt le cortex moteur ou sensoriel qui est actif pendant la journée et qui a besoin de repos pendant la nuit.
Keystone

Les schémas d'activité cérébrale durant le sommeil profond ne sont pas identiques chez l'enfant et chez l'adulte, selon une étude de chercheurs suisses et nord-américains. Les oscillations lentes caractéristiques de cette phase sont générées à des endroits très différents dans le cerveau.

C'est un fait bien connu, les enfants dorment plus que les adultes. Mais il est aussi de plus en plus manifeste que les enfants dorment autrement, a indiqué mercredi l'Université de Fribourg (UNIFR) dans un communiqué.

Transformations fondamentales

Devenir adulte implique aussi des transformations fondamentales qui interviennent pendant la nuit, rapportent des chercheurs du Baby Sleep Laboratory de l'UNIFR, dans le cadre d'études menées sur des enfants d'âges divers en collaboration avec l'Université Laval (Canada), l'Université du Colorado de Boulder (Etats-Unis) et l'Hôpital universitaire de Zurich.

Les chercheurs ont surveillé l'activité du cerveau pendant le sommeil par électroencéphalographie (EEG), alors que les enfants dormaient chez eux, dans leur lit. Les mesures par électrodes EEG fournissent des informations plus fines et précises sur le cerveau et permettent aux chercheurs d'observer le comportement du sujet pendant le sommeil (activité physique, respiration, mouvements des yeux).

Oscillations dans le cerveau

Le sommeil profond est caractérisé par un schéma d'activité spécifique. Il s'agit d'une lente alternance entre des temps de repos et d'activité, qui traversent le cerveau par vagues. Plus le sommeil est profond, plus ces oscillations lentes sont intenses.

En remontant jusqu'à la source des oscillations lentes, Salomé Kurth, du Baby Sleep Laboratory, et ses confrères ont constaté de nettes différences entre les enfants et les adultes. Chez ces derniers, les oscillations lentes démarrent dans la zone du front pour se propager vers l'arrière, dans les zones occipitales du cerveau.

En revanche, chez les enfants d'âge scolaire, les oscillations lentes sont principalement générées dans les zones occipitales du cerveau. Avec l'âge, l'épicentre des oscillations se décale progressivement vers l'avant. Ce n'est qu'à l'adolescence que les oscillations lentes partent de la zone frontale.

Le sommeil profond sous-estimé

Si ce constat suscite autant l'intérêt des chercheurs, c'est que la source de ces oscillations est probablement liée aux processus d'apprentissage dominants. Selon eux, les schémas d'oscillations lentes révèlent quelle partie du cerveau est particulièrement sollicitée au stade concerné de la croissance.

Chez les enfants, c'est plutôt le cortex moteur ou sensoriel qui est actif pendant la journée et qui a besoin de repos pendant la nuit. Plus nous avançons en âge, plus le cortex frontal, qui intervient dans la résolution des problèmes, les processus décisionnels et le comportement social, prend de l'importance.

Les chercheurs entendent maintenant consolider cette théorie. «Il est probable que les oscillations lentes favorisent les processus de mémoire et nous aident à conserver le 'dynamisme' qui nous permet de nous adapter à l'évolution de notre environnement», conclut la jeune chercheuse, citée dans le communiqué. Ces travaux sont publiés dans la revue «Current Opinion in Physiology».

(ats)

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