La pollution des sables bitumineux sous-estimée

CanadaL'extraction des sables bitumineux émet beaucoup plus de gaz à effet de serre (CO2) que ce que l'industrie pétrolière prétend.

Une usine de traitement des sables bitumineux, dans l'Alberta, en 2015.

Une usine de traitement des sables bitumineux, dans l'Alberta, en 2015. Image: AFP

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Les émissions de gaz à effet de serre issues de l'extraction des sables bitumineux de l'Ouest canadien sont nettement supérieures aux données déclarées par l'industrie pétrolière, selon une étude publiée mardi par la revue «Nature Communications».

Des mesures aériennes, effectuées par une équipe de scientifiques au-dessus de centres d'extraction des sables bitumineux, d'où est tiré le pétrole, ont observé une intensité d'émission de gaz à effet de serre (GES) «de 13 à 123% supérieure à celle estimée à l'aide des données accessibles au public», selon l'étude publiée sur le site internet de la revue.

«Cela se traduit par une augmentation de 64% des émissions annuelles de GES provenant de l'exploitation minière à ciel ouvert et de 30% des émissions globales de GES liées aux sables bitumineux (...) par rapport à celles déclarées par l'industrie», précisent les scientifiques, dont la plupart travaillent pour le gouvernement canadien.

Cette méthode de mesure démontre des émissions de GES bien supérieures aux données traditionnellement utilisées pour quantifier l'impact de l'industrie pétrolière sur la pollution atmosphérique et ainsi orienter l'action climatique du pays en vertu de ses engagements internationaux, selon l'étude.

Selon les engagements pris par le Canada en 2015 dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat, le pays doit réduire de 30% ses émissions de GES d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Or dans le meilleur des scénarios, le Canada ne réussira à les réduire que de 19%, a reconnu en décembre le ministère de l'Environnement.

Le pétrole des champs de sables bitumineux de la province de l'Alberta, troisième réserve d'or noir de la planète qui contribue pour environ 10% des émissions de GES du pays, reste un fleuron de l'économie canadienne malgré d'importantes difficultés rencontrées au cours des dernières années suite à la chute du cours du brut. (afp/nxp)

Créé: 24.04.2019, 01h41

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