Les rennes des Nénètses, rois de la toundra

Grand NordTranshumant à travers les plaines sibériennes, le peuple nénètse vit principalement de l’élevage de rennes, ressource essentielle.

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Quelque 750'000 rennes pour 35'000 Nénètses. Les cervidés sont deux fois plus nombreux que leurs bergers sur la péninsule de Yamal. «Selon certains scientifiques, il y aurait encore suffisamment d’espace pour 25'000 bêtes. D’autres disent que c’est déjà trop», nous explique German, guide à Salek­hard, capitale du district de Iamalo-Nénétsie.

Dans le campement où nous avons été accueillis, près du lac de Yarato, la brigade ou tribu nénètse composée d’une trentaine de personnes se déplace en permanence avec son troupeau de 1000 rennes. Le fait qu’ils sont en complète liberté au milieu de cet énorme territoire qu’est la toundra sibérienne mais qu’ils restent en permanence à proximité du campement nous frappe. Nous sommes tout aussi surpris de l’efficacité de ces petits chiens qui les accompagnent.

C’est à eux que revient le rôle de rassembler les rennes chaque matin, lorsque les hommes doivent capturer au lasso ceux qui aideront à la réalisation des tâches quotidiennes. Une fois toutes les trois semaines ou lors d’occasions spéciales, l’un d’entre eux est capturé pour être mangé. Ses bois duveteux, qu’il perd une fois par an, seront utilisés pour réaliser des objets de la vie quotidienne. Sa peau servira à faire des vêtements, des chaussures, des matelas ou encore à recouvrir la tchoum, la tente nénètse, lorsque l’hiver recouvrira la toundra de son manteau blanc.

Sur la neige l’hiver, sur l’herbe humide des marécages l’été, les rennes sont les locomotives des traîneaux. Les Nénètses – contrairement aux Tsaatans, peuple nomade vivant en Mongolie, à la frontière sibérienne et lui aussi éleveur – ne montent pas les rennes.

Nous assistons à un championnat de «Nénètses Ferrari», comme les appelle l’un des membres de la brigade, et l’exercice est délicat. La maîtrise des rennes passe par celle des rênes. On sent de suite, en observant la course qui se déroule sous nos yeux, que rien ne remplace l’expérience. Les hommes plus âgés n’ont aucune peine à diriger leur attelage jusqu’à la balise, puis à faire demi-tour pour revenir par le même itinéraire, désormais marqué par les traces des sabots de leurs bêtes. Pour les plus jeunes, c’est une autre histoire. Leur équipage n’en fait qu’à sa tête, tourne tout de suite à gauche, ne veut pas démarrer ou largue illico son conducteur. De rage, un petit garçon d’une dizaine d’années envoie un coup de pied dans les pattes de l’un de ses rennes. Réprimandé par son père, il retrouvera le sourire lorsque le suivant ne réussira pas à faire mieux que lui.

Dans l’une des tchoums, dans un berceau suspendu à la structure en bois, un bébé dort paisiblement. En face, un petit renne fait lui aussi la sieste. En entrant dans la tente, Alina pose le doigt sur ses lèvres. «Chut, il ne faut pas les réveiller!»

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Créé: 31.07.2016, 10h23

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