La mortalité du cancer du sein recule grâce à une prise en charge plurielle

CancerLe Réseau lausannois du sein se réunit une fois par semaine pour examiner les cas présentés.

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Grâce au dépistage et, plus récemment, à la prise en charge multidisciplinaire, la mortalité du cancer du sein a fortement diminué. Plus de 600 cas sont diagnostiqués par année dans le canton. Sur le plan national, il reste la première cause de mort par cancer chez la femme.

«Le dépistage par mammographie reste le seul examen qui permet de détecter une tumeur à un stade précoce», affirme la Dre Carine Clément Wiig, gynécologue. Avec les Dres Aurélie Sivade, oncologue, et Patricia Roggero, spécialiste en chirurgie plastique et reconstructive, elles seront les intervenantes de la prochaine visite organisée par la Clinique de La Source consacrée au cancer du sein (lire encadré). Le Dr Didier Jallut, oncologue et directeur médical du Réseau lausannois du sein, y participera également.

La prévention, rappelle la Dre Wiig, commence par une participation au Programme cantonal de dépistage, qui prévoit une mammographie (remboursée par l’assurance, avec une participation de 80 fr.) tous les deux ans pour les femmes de 50 à 69 ans. Si l’imagerie indique une suspicion de cancer, une biopsie sera effectuée. Si le diagnostic est avéré, les patientes, prises en charge par leur médecin, voient leur cas analysé par un réseau (tumorboard). Le Réseau lausannois du sein, créé en 2011, réunit près de 50% des médecins de la ville et du canton; il collabore de près avec le CHUV et la Clinique de La Source.

Chaque mardi, tous les cas sont examinés par les oncologues, les radiologues, les gynécologues, les pathologues, les radiothérapeutes et les spécialistes en chirurgie reconstructive. «Cette concertation multidisciplinaire permet une meilleure prise en charge, sauve des seins et évite certains traitements inutiles», affirme le Dr Didier Jallut. Des études ont montré les bénéfices de l’approche.

Les progrès de l’analyse et des images des biopsies permettent de mieux anticiper la stratégie. Les différentes options pour la chirurgie reconstructive sont aussi abordées en amont des traitements. Si la chirurgie constitue un passage obligé, la faire précéder d’une chimiothérapie (dite néo-adjuvante) peut être utile: «On parvient à diminuer la taille, voire, dans le cas de tumeurs très agressives, à les faire disparaître radiologiquement. La chirurgie reste néanmoins indiquée, mais elle peut souvent être moins lourde. Psychologiquement, c’est tout bénéfice pour la patiente», précise le Dr Jallut.

La nature et la taille de la tumeur, le risque de récidive déterminent le traitement postopératoire. Certaines tumeurs (caractérisées par une surexpression d’une protéine) peuvent aujourd’hui bénéficier de thérapies dites ciblées en parallèle à une chimiothérapie. «La combinaison de deux médicaments améliore clairement le pronostic de ces tumeurs», explique la Dre Aurélie Sivade.

Créé: 11.09.2019, 11h37

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Une caisse refuse de rembourser

L’ablation totale d’un sein porteur d’une tumeur n’est aujourd’hui effectuée que si elle se justifie du point de vue médical. Lorsqu’une patiente est porteuse des mutations génétiques connues comme favorisant le cancer du sein, une mastectomie préventive des deux seins est souvent pratiquée. L’assurance-maladie rembourse l’intervention, même si aucune tumeur n’a été décelée. Mais d’autres indications peuvent justifier une ablation. C’est le cas d’une patiente de la Dre Patricia Roggero. Or son assurance refuse pour l’heure le remboursement. En 2011, à 38 ans, elle est opérée d’une tumeur au sein droit. En 2018, lors de la mammographie et de l’échographie de contrôle, qui ne montrent rien de suspect, la patiente signale qu’une glande mammaire a un peu augmenté de volume. Une IRM détecte alors un second cancer (non une récidive). «J’ai cherché à savoir quand cette tumeur est apparue et pourquoi on ne l’a pas vue lors de mes contrôles annuels, témoigne la patiente. On m’a dit que j’avais des seins très denses et difficiles à surveiller. J’ai alors souhaité qu’on m’enlève les deux seins.» Ce qui a été fait. «Le cas de la patiente a été examiné au sein du réseau: le bien-fondé de la mastectomie préventive a été validé», affirme la Dre Roggero. Ce que confirme le Pr Khalil Zaman, directeur du Centre du sein du CHUV. L’assurance Visana indique ne pas vouloir s’exprimer, le cas n’étant pas encore réglé.

Conférence

«J’ai un cancer du sein - et maintenant?» Jeudi 10 octobre. 17 h 30: présentations. 19 h: apéritif. Inscriptions jusqu’au 23 septembre: www.lasource.ch/cancer-sein

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