Quand le public façonne le futur atlas des mammifères

NaturePour mettre à jour cet ouvrage de référence les auteurs font appel à la science collaborative. Une plate-forme Internet recense toutes les observations.

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Un hérisson qui se cache dans les buissons d’un jardin. Une marmotte qui se met à siffler assise sur ses deux pattes arrière pour annoncer l’arrivée d’un intrus. Ou encore un écureuil grignotant une noisette sur une branche d’un arbre. Toutes ces poses d’animaux, somme toute anodines et que chacun peut observer dans la nature, sont en réalité de vraies mines d’or d’information pour la Société suisse de biologie de la faune.

Cette dernière est à l’origine de l’Atlas des mammifères de Suisse et du Liechtenstein. La dernière édition, parue en 1995 et épuisée en 2015, avait besoin d’une sérieuse mise à jour. Dans ce but, l’association a eu recours aux yeux curieux et attentifs d’amoureux de nature. Sur la plateforme en ligne atlas.nosvoisinssauvages.ch, disponible en Suisse allemande depuis 2017, et en Romandie depuis le début de l’année, les internautes sont invités à géolocaliser leurs observations, agrémentées ou non de photos de l’animal. Et le public s’est pris au jeu. Le responsable romand du site, le biologiste Michel Blant, comptabilise déjà quelque 5000 participations entre mi-2017 et début 2018. «Un joli score.» Le profil des bénévoles, lui, est aussi varié que les bêtes recensées.

Entre 1995 et aujourd’hui, le nombre d’espèces a légèrement augmenté, entre 5 et 8, pour atteindre 89 mammifères. «Des animaux ont agrandi leur aire de distribution, note Claude Fischer, coordinateur romand du projet. Il y a par exemple plus de cerfs dans le Jura.» En vingt ans, des animaux sont aussi arrivés des régions voisines, comme l’ours ou encore le chacal doré, originaire des Balkans et qui ressemble beaucoup au loup. Il a pu être identifié grâce à des pièges photographiques. Les avancées dans les analyses génétiques ont aussi permis de découvrir de nouvelles espèces, notamment chez les chauves-souris. «D’un point de vue morphologique, elles étaient très semblables mais leurs cris étaient différents», précise Michel Blant.

Les avantages à recourir au public pour enrichir les connaissances scientifiques de la faune suisse sont multiples: outre celui de combler des lacunes par des observations actuelles, cela permet aussi de sensibiliser la population à certaines petites espèces, comme les rongeurs, parfois mal connues. «Distinguer une hermine d’une belette n’est pas toujours évident», ajoute Claude Fischer. La plateforme interactive va aussi donner l’occasion de poursuivre cet état des lieux au-delà de la parution du nouvel atlas agendé à 2021. «La base de données offrira un monitoring à long terme», se réjouit le chercheur.

L’association a déjà lancé plusieurs appels spécifiques pour compléter son savoir. «Des espèces facilement identifiables par le public mais qui présentent des problèmes potentiels.» À l’instar du hérisson. «Une étude a montré qu’il a connu une diminution de 30 à 40% en ville de Zurich ces dernières années. Ce n’est pas anodin. C’est pourquoi il est important de dresser un bilan de population pour confirmer ces données et mieux les localiser.» Les bénévoles ont posé des «tunnels à trace» dans des endroits clés où il n’y avait plus eu d’observations depuis dix ans. Les premiers résultats ont déjà démontré que leur présence avait diminué en zone agricole.

«Avec l’influence toujours plus importante de pesticides, la nourriture manque», avance Michel Blant. Les autres mammifères à avoir bénéficié d’une attention particulière sont les écureuils – «on voudrait vérifier la variation de couleur de leur fourrure selon leur habitat, en montagne ou en plaine». Sans oublier les marmottes et les lièvres, eux aussi en baisse dans nos contrées. Reste à garder l’œil ouvert!

www.nosvoisinssauvages.ch (24 heures)

Créé: 29.09.2018, 12h16

L’automne, la saison pour géolocaliser le loir

À l’heure des dernières chaleurs d’arrière-été, le loir, comme beaucoup d’autres animaux sauvages, commence sa préparation à la saison froide. Comme il s’occupe à chercher de la nourriture avant le long sommeil hivernal, il se laisse plus facilement entrevoir.

Les responsables de l’Atlas des mammifères en profitent donc pour lancer l’«Action loir» afin de mettre à jour les données sur cette espèce grâce aux observations du public. L’automne est encore la période de l’année où les loirs sont particulièrement actifs car ils restent de petits animaux d’habitude nocturnes. Ils vivent généralement en groupe et communiquent par divers cris.

En cas de danger, ils s’expriment sous forme de crissements de dents bruyants. Alors où peut-on bien les voir? Dans les zones habitées, «ils s’infiltrent volontiers dans les toitures, greniers et cabanes de jardin», explique Michel Blant, responsable romand de la plateforme nosvoisinssauvages.ch.

Pour éviter de le confondre avec un muscardin ou un lérotin, le loir se distingue par une queue très touffue, des grands yeux et des oreilles arrondies.

La faune



Pour certains animaux, comme le hérisson, la marmotte, le lièvre ou encore l’écureuil, la Société suisse de biologie de la faune a lancé des actions ciblées afin de déterminer si leur nombre diminue dans certaines régions.


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