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Un Romand est l'expert mondial des empreintes

Christophe Champod, professeur à l'Université de Lausanne, vient de recevoir la médaille Douglas M. Lucas 2020, la plus prestigieuse dans le domaine des sciences forensiques.

Professeur en sciences criminelles à l'Université de Lausanne (UNIL), Christophe Champod accumule les distinctions. L'expert en traces et empreintes vient de recevoir la médaille Douglas M. Lucas 2020, la plus prestigieuse au monde dans son secteur.

Cette distinction, décernée tous les trois ans, fait suite à la médaille Henry en 2017, un autre prix très coté dans le milieu. «Cela fait plaisir, mais la vie académique n'est pas une course aux médailles. Elle vise à former des gens et à transmettre un enthousiasme», relève le professeur dans un entretien accordé à Keystone-ATS.

Selon lui, ces différentes récompenses permettent surtout de souligner le travail accompli par les personnes qui oeuvrent à ses côtés, des étudiants aux doctorants. Ces prix valident aussi l'approche de l'UNIL en matière de police scientifique.

A Lausanne, les sciences forensiques ne sont pas considérées comme une simple spécialité. «Un bachelor est proposé dès l'entrée à l'université», explique M. Champod. Il ajoute qu'avec près de 100 doctorants, l'UNIL dispose «d'une force unique» dans le domaine.

Traces de semelles

Appelé régulièrement sur des scènes de crime à l'étranger, le criminaliste vaudois intervient principalement lorsqu'il faut interpréter des empreintes et traces de mauvaise qualité ou compliquées à déchiffrer. Il avoue une prédilection pour les traces de semelles.

«Davantage que les empreintes digitales qui sont souvent prédictibles, les semelles offrent un changement permanent. Les fabricants de chaussures débordent d'inventivité !», remarque-t-il.

Le professeur de 51 ans, qui a grandi dans le canton de Neuchâtel, reconnaît que sa passion pour son métier déborde souvent sur sa vie privée. «Je suis toujours à la recherche des semelles de mes plus proches voisins. Je ne peux pas non plus m'empêcher de retourner des chaussures pour regarder les motifs et les pointures», raconte-t-il.

En quête de justice

Formé à l'UNIL, où il a déposé sa thèse en 1995, Christophe Champod a travaillé quatre ans comme chercheur en Angleterre avant d'être nommé professeur ordinaire à Lausanne en 2003. Il explique avoir choisi ce métier pour son côté «un peu idéaliste» et pour «une certaine détestation de l'injustice.» Et d'ajouter: «il est important pour moi de penser que la science peut aider à la manifestation de la vérité.»

Selon lui, la curiosité et la méticulosité sont indispensables pour la pratique de ce métier. «J'ai une volonté, parfois poussée à l'extrême, de tout vérifier et de me méfier de ce qui semble acquis. Je teste, je contrôle, je reproduis toutes les situations pour m'assurer de ne pas passer à côté d'un problème», explique-t-il.

Un lauréat «junior»

La médaille Douglas M. Lucas - du nom d'un des pionniers du domaine - est attribuée tous les trois ans par l'Académie américaine des sciences forensiques. M. Champod n'est que le huitième chercheur à la recevoir, le deuxième de l'UNIL après son ancien professeur Pierre Margot en 2011.

«Généralement, on reçoit cette médaille plus tard dans une carrière. Je suis un peu le junior, même s'il est vrai que je me suis lancé tôt», reconnaît le quinquagénaire.

(ats)

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