«En Europe, trois stents sont posés chaque minute»

En collaboration avec HirslandenUne conférence rappelle le rôle que joua Lausanne, il y a trente ans, dans le développement d’une des interventions médicales les plus fréquentes du monde. Et explore les progrès accomplis depuis.

Pose d'un stent (en haut)

Pose d'un stent (en haut) Image: Wikicommons

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On en dénombre deux millions par an. C’est l’une des interventions les plus fréquentes dans le monde: la pose d’un stent dans une artère coronaire rétrécie. «Chaque minute, trois stents sont posés en Europe», affirme le professeur Jean-Jacques Goy, l’un des pionniers de la révolutionnaire cardiologie interventionnelle.

Lausanne occupe une place historique dans l’histoire de ce petit treillis salvateur: c’est à l’Hôpital cantonal, en avril 1986, que le professeur Ulrich Sigwart, alors patron de la cardiologie invasive, posait le premier stent conçu par l’ingénieur suédois Wallstén. Ce dernier, établi dans la région, vient de décéder début février à l’âge de 94 ans.

C’est cette histoire – et les immenses progrès accomplis en trente ans, qui ont permis de diminuer la mortalité cardiovasculaire de moitié – que raconteront, lors de la prochaine conférence médicale organisée par 24 heures et le groupe Hirslanden*, le professeur Jean-Jacques Goy, cardiologue interventionnel, et le Dr Javier Orrit, chirurgien cardiaque et vasculaire thoracique.

«On a oublié les complications rencontrées au début…», se souvient le Dr Goy, qui a travaillé aux côtés du professeur Sigwart. «Les stents se bouchaient. Alors qu’aujourd’hui le taux d’occlusion est de 0,5% par an, il était de 25% au début. On a mis longtemps à trouver comment les traiter. Les stents, appelés actifs, se sont améliorés. Ils contiennent des substances qui préviennent la récidive d’un rétrécissement (sténose). Par ailleurs, on administre aux patients des médicaments qui empêchent la formation de caillots.»

Douleur à la poitrine voire dans le cou, aux épaules ou à l’abdomen, sensation de brûlure et d’oppression, fatigue, essoufflement: tels sont les symptômes de la maladie coronarienne. Le diagnostic est établi à la suite de différentes investigations (électrocardiogramme, test d’effort). Dans un premier temps, le médecin prescrira peut-être des médicaments. Si les symptômes persistent, il effectuera une coronarographie. Cet examen invasif des artères (sous anesthésie locale) permet notamment d’établir où se situent le ou les rétrécissements (artères principales ou périphériques) freinant le flux sanguin vers le cœur. La pose éventuelle d’un stent peut s’effectuer tout de suite ou lors d’une seconde intervention.

«Dans les cas de maladie coronarienne touchant les trois artères coronaires principales, la chirurgie par des pontages coronariens s’avère la meilleure solution et reste le premier choix pour le long terme, affirme le Dr Orrit. La chirurgie a l’avantage d’être une technique stable dans le temps. Elle est pratiquée depuis la fin des années 1950. Ainsi le pontage de l’artère mammaire interne gauche sur l’IVA, l’artère coronaire la plus importante, a une perméabilité de quasi 90% à vingt ans.» Une prise en charge hybride, qui conjugue pontage et pose de stents, est aujourd’hui souvent préconisée, et pratiquée au Centre cardiovasculaire de la Clinique Cecil, seul établissement romand à disposer d’une salle hybride (cathétérisme cardiaque et salle d’opération cardiovasculaire).

Les spécialistes rappellent que les traitements ne guérissent pas la maladie mais diminuent les symptômes et les risques d’infarctus. L’hygiène de vie joue un rôle essentiel: minimiser les facteurs de risques (fumée, alcool, alimentation trop grasse, manque d’exercice) reste la priorité. (24 heures)

Créé: 10.03.2018, 11h27

Infos

* «Stents et pontages coronaires: 30 ans de progrès médical
pour une maladie mal comprise»


Conférence avec le professeur Jean-Jacques Goy et le docteur Javier Orrit

Mercredi 14 mars, 20 h, Hôtel Alpha-Palmiers, Lausanne. Entrée libre

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