Une garderie pour seniors

ReportageLa Halte-Relais Primeroche de Prilly accueille les malades d’Alzheimer de quelques heures à quelques semaines. Un service à la carte qui soulage les proches.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

De l’extérieur, l’immeuble est imposant et terne. Rien ne donne franchement envie d’y entrer, mais, une fois arrivé à l’intérieur de la Halte-Relais Primeroche de Prilly, la sensation est tout autre. L’ascenseur amène les visiteurs à quelques pas seulement d’une immense pièce très lumineuse. On y trouve un coin cuisine, un coin repas, un espace «terrasse» (avec faux gazon et vraies plantes vertes pour se rêver à l’air pur), un bureau central ouvert placé juste à côté de l’espace salon. Meublé avec des fauteuils rouges, il accueille les clients venus passer la journée à Prilly. «Notre structure est unique en Suisse car elle réunit sous un même toit différents types d’accueil – centre d’accueil temporaire de jour et de nuit et courts séjours, explique Marie Cuénod, directrice de la Halte-Relais Primeroche. Les personnes âgées peuvent y passer quelques heures, quelques nuits, quelques jours ou quelques semaines.»

«Si notre structure n’existait pas, la plupart de ces personnes seraient placées en EMS.»

Un service à la carte qui permet aux clients (ici, on évite le terme «patients») de passer un moment hors de leur foyer. «D’une part, notre structure permet aux personnes qui vivent totalement seules de trouver un peu de compagnie. D’autre part, elle évite l’épuisement des proches qui prennent soin de nos clients quotidiennement», continue la directrice. Ainsi, par exemple, une personne viendra tous les lundis sur une base régulière et séjournera une semaine complète lorsque sa fille part en vacances et ne peut plus veiller sur elle.

Faire semblant de lire

Cette Halte-Relais ressemble curieusement à une garderie pour seniors. Mais pas n’importe lesquels. A Prilly, ce sont les personnes âgées souffrant de l’alzheimer et d’autres troubles cognitifs qui sont «gardées». Ateliers de cuisine, gymnastique douce, jeux cognitifs, projections de films, sorties au cirque font partie des nombreuses animations proposées.

La journée commence par la lecture des journaux. Les clients sont rassemblés autour de l’animatrice. Certains posent des questions sur l’article du jour, d’autres attendent la lecture de leur horoscope, certains s’endorment… Un homme, bien calé dans son fauteuil, est plongé dans son journal. L’article qu’il a sous les yeux semble accaparer toute son attention. Mais, en réalité, il n’est plus en mesure de lire depuis longtemps. Il fait semblant, pour le plaisir du geste… «Si nous n’existions pas, la plupart de ces personnes seraient placées en EMS», explique Marie Cuénod. Mais pas question de tout faire à la place des clients lors de leur passage à Prilly. «On ne veut surtout pas les rendre dépendants alors qu’ils ont l’habitude de se débrouiller plus ou moins seuls à domicile.»

Dès 11 h, les personnes les plus valides se lèvent pour mettre la table. Ce matin-là, seules deux dames s’affairent autour des assiettes et des services, secondées par un auxiliaire de soins. Tout à l’heure, tout le monde devra se lever pour aller se servir dans les plats déposés sur le comptoir du coin cuisine. Ceux qui sont en chaise roulante seront évidemment aidés par le personnel. Ce dernier est constitué de soignants, d’éducateurs et d’apprentis.

«Nous essayons de tout proposer sous le même toit: les animations, les repas et les soins de base.»

Une infirmière responsable est toujours présente. Elle se charge des soins plus techniques comme changer un pansement, administrer un antibiotique en intraveineuse, etc. «Nous essayons de tout proposer sous le même toit: les animations, les repas, mais aussi les soins de base, poursuit Marie Cuénod. Une façon d’éviter des déplacements inutiles. Nous avons même une salle que nous mettons à disposition des partenaires du réseau, notamment des généralistes. Ça permet aux proches de s’entretenir avec le médecin pendant que la personne âgée est prise en charge juste à côté.»

Germaine Vauthey vient à la Halte-Relais tous les lundis et un mardi sur deux depuis un an. «Je vis seule. Ma fille veut que je vienne ici pour trouver un peu de compagnie. Ça m’aide à vivre mieux, car les journées sont longues quand je suis seule chez moi.» (24 heures)

Créé: 23.05.2016, 21h30

Les chambres sont meublées avec le strict minimum,une façon
de faire comprendre aux clients qu’ils ne sont ici que pour une durée limitée.

140 nouveaux clients par an

Ouverte en janvier 2010, la Halte-Relais Primeroche est ouverte 24?heures sur 24 et tous les jours de l’année. Ce centre d’accueil dispose de six lits pour des séjours de plus de cinq nuits. Il est également doté de deux chambres pour les clients qui dorment hors de leur domicile de manière régulière, par exemple une fois par semaine. Il peut y avoir jusqu’à 25 clients pour le repas de midi, incluant les personnes vivant dans les logements protégés adjacents. Chaque année, ce sont environ 140?nouveaux clients de la région qui profitent de cette structure à la carte.

La Fondation Primeroche, dont dépend la Halte-Relais, dispose de logements protégés à Prilly et à Cheseaux, de deux EMS dans ces mêmes villes, de deux centres d’accueil temporaire à Lausanne et à Cheseaux.

Toute l'actu santé à suivre sur notre compte Twitter dédié

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.