L’Hôpital inaugure son Centre de la mémoire

MédecineA Genève, près de 6500 personnes souffrent de démence. Le nombre devrait doubler d’ici à 2035.

Inauguration du Centre de la Mémoire au HUG avec son directeur Pr Giovani B. Frisoni

Inauguration du Centre de la Mémoire au HUG avec son directeur Pr Giovani B. Frisoni Image: Steve Iuncker Gomez

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«Quand Alzheimer décrivait la maladie en 1906, il y avait 650 nonagénaires. Vers 2000, ils étaient 47'000.» Par cette mise en perspective historique, le professeur Gabriel Gold, médecin-chef du Service de gériatrie de l’Hôpital des Trois-Chêne, à Genève, fait comprendre pourquoi la maladie d’Alzheimer est devenue un problème de société majeur. Genève en a pris la mesure. Mardi, grâce au soutien d’une association privée, les Hôpitaux universitaires ont inauguré leur Centre de la mémoire.

Dirigée par le professeur Giovanni Frisoni, la structure est installée dans 300 m2 au cœur des HUG, dans l’ancien bâtiment des policliniques. Opérationnel depuis le 8 janvier, le centre propose un parcours de soins complet à toute personne, pas forcément âgée, confrontée à des problèmes de mémoire, d’attention ou de concentration. Entre la demande et la prise en charge, le délai est actuellement de quatre semaines; il devrait être raccourci à quinze jours. «Dans les anciens locaux que nous occupions – un appartement aux Épinettes! – nous recevions 650 personnes par an. Ici, nous avons accès aux technologies les plus récentes, imagerie et laboratoire, et pouvons les proposer aux patients», se réjouit Giovanni Frisoni.

Le directeur sera entouré de quatre autres médecins, de cinq psychologues et de quatre chercheurs. L’objectif est d’établir un diagnostic rapidement afin d’introduire un traitement précoce. Le diagnostic est posé grâce à une batterie de tests neuropsychologiques puis à des examens d’imagerie moléculaire, des analyses génétiques et des ponctions lombaires.

Le diagnostic de l’alzheimer est d’ordinaire plus mal accueilli que celui d’un cancer

«Nous souhaitons parfaire ce savoir tout en prêtant une grande attention au patient, aux relations humaines, aux souhaits exprimés – et à ceux non exprimés – par le malade», souligne Giovanni Frisoni, qui rappelle que le diagnostic de l’alzheimer est d’ordinaire plus mal accueilli que celui d’un cancer.

Une fois le diagnostic posé, le traitement peut commencer. Pour l’heure, la maladie ne se guérit pas, mais Giovanni Frisoni espère que dans un avenir proche, elle pourra être prévenue. En attendant, les patients peuvent bénéficier de médicaments qui améliorent leur qualité de vie. Ils pourront également intégrer des essais cliniques de médicaments expérimentaux.

La piste de l'intestin
Les proches des malades ne sont pas oubliés: un programme de soutien psycho-éducationnel leur sera proposé. Le centre mènera par ailleurs des activités de recherche et de formation. Un programme de recherche sur le microbiote intestinal offre notamment une piste intéressante.

Toute cette construction n’aurait pas été possible sans l’énergie et l’apport indispensable de Tim Brockmann, président de l’Association suisse pour la recherche sur l’alzheimer, qui a donné trois millions pour financer l’infrastructure et toutes les activités de recherche fondamentale. Le conseiller d’État Mauro Poggia et le directeur des HUG, Bertrand Levrat, ont salué mardi le geste.

À Genève, 6500 personnes sont atteintes de démence et ce chiffre devrait doubler d’ici à 2035. (24 heures)

Créé: 06.02.2018, 21h39

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