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A Zurich, les médecins préparent une greffe d'utérus

L'hôpital universitaire de Zurich a lancé un programme de transplantation d'utérus. Seuls les Suédois maîtrisent la technique pour le moment.

La greffe d'un utérus s'accompagnera d'une implantation d'embryon pour déboucher sur une grossesse.
La greffe d'un utérus s'accompagnera d'une implantation d'embryon pour déboucher sur une grossesse.
Keystone

Les médecins de l'Hôpital universitaire de Zurich (USZ) travaillent sur un programme de transplantation de l'utérus. Ce qui, en cas de succès, les placerait parmi les rares dans le monde à maîtriser cette technique, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 19 août 2016.

La première mondiale a été réalisée voici deux ans à Göteborg en Suède, avec une équipe réunie au tour du gynécologue Mats Bränn­ström. Quatre autres naissances de ce type ont suivi.

Un premier bébé d'ici trois ans

«Le succès des Suédois a été un choc dans le domaine de la fertilité», a résumé Bruno Imthurn, directeur de la clinique d'endocrinologie et directeur du centre pour le désir d'enfants de l'USZ. De nombreux gynécologues n'y croyaient pas et cherchent désormais à répliquer la technique des Suédois.

Ce programme à Zurich est destiné à des mères dans l'incapacité physique de donner le jour. Il pourrait représenter une révolution puisque les femmes ne peuvent se tourner vers la gestation pour autrui, qui est interdite en Suisse.

Les premiers jalons ont été posés à la fin 2014 à Zurich. «Je pense que nous pourrons démarrer le programme d'ici un an», a estimé Pierre-Alain Clavien, directeur de la chirurgie de transplantation à l'USZ. L'Office fédéral de la santé publique doit encore donner son feu vert.

Un coût de 100'000 francs

Si la première greffe se déroule sans complications, les médecins attendront un an avant de tenter d'implanter un embryon. «Nous pourrions avoir la naissance du premier bébé d'ici trois ans», a ajouté Pierre-Alain Clavien.

Les médecins savent que leur projet n'échappera pas à une discussion publique mais Swisstransplant ne la craint pas. «Pour des patientes choisies dont l'appareil de reproduction est définitivement hors d'usage, une transplantation de l'utérus est tout à fait envisageable», a assuré Franz Immer, directeur pour le don d'organes et la transplantation.

Le coût de la greffe est estimé à près de 100'000 francs, qui ne sont pas couverts par l'assurance de base. Des frais qui devront donc être assurés par les mères et qui ne sont pas plus élevés que ceux de la gestation pour autrui, rappelle Bruno Imthurn,

Pas pour les hommes et les transgenres

Les conditions seront également draconiennes. La patiente ne pourra pas avoir plus de 35 ans et devra être établie dans une relation de couple solide. Elle ne devra en outre avoir aucun autre problème de fertilité. Et bien entendu, l'opération est réservée aux femmes uniquement, même si elle est techniquement possible pour les hommes et les transgenres. «A Paris un centre y travaille», a souligné Olivier de Rougemont, médecin-chef de la chirurgie viscérale à l'USZ et responsable du programme.

Les obstacles sont encore nombreux, car seule l'équipe suédoise maîtrise pour le moment la technique. Des essais en Turquie et en Arabie Saoudite ont échoué et aux États-Unis, des complications ont conduit les docteurs à retirer l'utérus implanté.

Quant aux donneuses, il s'agit de femmes ayant déjà eu des enfants et n'ayant plus l'envie d'en avoir d'autres. L'opération de prélèvement est compliquée et dure environ une dizaine d'heures. Mais l'USZ a prévu d'innover puisque la clinique prévoit de prélever l'organe d'une donneuse décédée. «L'utérus n'est pas essentiel à la vie, il peut donc être implanté ou retiré sans problème en cas de complication», a expliqué Olivier de Rougemont.

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