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Pandémies: la Croix-Rouge veut un système mondial

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) souhaite un mécanisme mondial de préparation aux épidémies.

La Croix-Rouge et ses membres s'activent partout en cette période de pandémie.
La Croix-Rouge et ses membres s'activent partout en cette période de pandémie.
Keystone

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), lancée après l'épidémie de 1918, et ses 192 membres combattent partout le Covid-19. Son chef Jagan Chapagain appelle à un mécanisme mondial de préparation aux pandémies.

«C'est l'une des crises les plus importantes» auxquelles la FICR ait été confrontée, explique dans un entretien à Keystone-ATS le Népalais, qui a entamé son mandat il y a deux mois. «La pire que j'aie vue dans tous les cas», ajoute celui qui est actif dans l'humanitaire depuis plusieurs décennies, comme volontaire puis au sein de l'organisation basée à Genève.

L'appui sur les populations locales

Depuis février, M. Chapagain a oeuvré en permanence pour organiser la réponse à la pandémie. «On dirait que c'était il y a plusieurs années», glisse-t-il. Face aux nombreux défis, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge sont «bien positionnés». Dotés de plus de 13 millions de volontaires et plus de 160'000 sections dans le monde, la FICR et ses membres s'activent partout.

L'organisation, établie en 1919, peut s'appuyer sur son histoire personnelle. «Nous sommes entrés dans notre second centenaire avec une pandémie et nous avions été lancés après la précédente pandémie la plus importante», insiste M. Chapagain. Les volontaires fabriquaient alors déjà des masques artisanaux et une distanciation physique était déjà recommandée.

Autre avantage, depuis 2017, la FICR a piloté un mécanisme de préparation aux épidémies (CP3) dans huit pays. Celui-ci permet aux populations locales de faire remonter très rapidement des indications sur de possibles virus. «Nous pensons qu'il a contribué à éviter une propagation d'Ebola en Ouganda», affirme aussi le secrétaire général. Avec la crise actuelle, il souhaite que la communauté internationale investisse dans un système similaire qui aurait une dimension mondiale.

Cas parmi les volontaires

Et pour autant, l'organisation doit faire face aux difficultés comme d'autres institutions, notamment l'approvisionnement en masques. «Cela s'améliore mais ce n'est pas suffisant», explique son secrétaire général.

Beaucoup de volontaires «sont en première ligne et travaillent dans des zones où le risque est élevé». «Il y a malheureusement des cas» d'infection parmi eux, explique M. Chapagain. Impossible pour autant de dire combien. Au moins un volontaire italien, un ambulancier, est décédé il y a quelques semaines.

Autre inquiétude, il a fallu parfois négocier avec les gouvernements l'accès de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les présidents de la FICR Francesco Rocca et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer ont dû mener une diplomatie discrète auprès de plusieurs pays, affirme M. Chapagain qui ne veut pas en dire davantage.

Une fois ces obstacles levés, les volontaires bénéficient d'une valeur ajoutée, la «confiance» auprès des populations aux côtés desquelles ils habitent. «C'est plus facile» de régler les problèmes, dit le secrétaire général. Notamment en Afrique où certains citoyens se méfient de l'assistance apportée par des acteurs internationaux, accusés parfois d'importer les infections.

La crise vient surtout valider la politique 2021-2030 de la FICR qui veut ancrer davantage encore l'importance des acteurs locaux. Malgré tout, les collaborations entre sociétés nationales restent nombreuses, y compris face à la pandémie, de la Chine à l'Iran en passant par d'autres zones.

Davantage de numérisation

Mais l'organisation a dû s'adapter aux restrictions. Un centre d'assistance en ligne a été établi pour les volontaires qui en ont besoin. «Nous avons vu qu'une expertise technique pouvait être apportée sans faire des milliers de kilomètres», glisse M. Chapagain.

A court terme, l'effort contribue à apporter des médicaments, du matériel et de la nourriture. Les volontaires relaient aussi l'importance des mesures de distanciation et d'hygiène, notamment auprès des plus vulnérables.

De quoi tenter d'empêcher des instabilités politiques, alors que des manifestations contre les autorités commencent à être observées. «Les gouvernements doivent faire attention aux effets secondaires du confinement», explique M. Chapagain. Puis viendra le moment de l'assistance sur la santé mentale. Et celui de la consolidation des systèmes de santé.

La FICR veut également avancer sur les défis en dehors de la pandémie. Comme l'extension du rôle des sociétés nationales, la numérisation, la lutte contre les effets du réchauffement climatique, les discriminations ou encore les migrants. Beaucoup d'organisations redoutent d'être abandonnées par les donateurs. Pour la FICR, les indications sont pour le moment encourageantes, dit aussi le secrétaire général.

(ats)

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