Les fourmis changent d’emploi durant leur vie

EtudeDes chercheurs de l’UNIL ont suivi à la trace un millier d’ouvrières. Ils ont découvert qu’elles adoptent d’autres rôles en vieillissant.

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Pour les fourmis, la reconversion professionnelle n’est pas un vain mot. Les scientifiques du Département d’écologie et évolution (DEE) de l’Université de Lausanne apportent un éclairage sur la façon dont les tâches sont distribuées chez les ouvrières alors qu’il n’y a pas de hiérarchie entre elles. Leur travail est publié vendredi dans la revue Science.

Les chercheurs lausannois se sont aperçus que les ouvrières se divisent en trois groupes, répartis sur des zones spécifiques. Il y a les «nourrices» qui restent près des œufs et des larves. Les «fourragères» qui alimentent la colonie. Elles stationnent à proximité de l’entrée du nid. Enfin, les «nettoyeuses» qui patrouillent proches des amas de déchets.

«Tout se passe comme si les plus jeunes restent près de l’endroit où elles sont nées et qu’en vieillissant, elles deviennent de plus en plus «courageuses» et finissent, comme le font les fourragères, par sortir de la fourmilière», constate la doctorante Danielle Mersch.

Les scientifiques ont observé que la réorientation professionnelle se fait à un âge qui varie énormément d’un individu à l’autre. «Nous cherchons à comprendre quel type d’interaction fait qu’une fourmi change de carrière, indique Laurent Keller, directeur du DEE. En revanche, nous avons découvert qu’il y avait beaucoup plus d’interactions entre les membres d’un même groupe en raison de sa fidélité spatiale.» Bref chez les fourmis, on discute principalement entre voisines.

Pour arriver à ces conclusions, le DEE a dû mettre au point une machine pour suivre à la trace les ouvrières. Un appareil photographie deux fois par seconde les ouvrières marquées d’un code-barres. Six fourmilières de 140 individus ont ainsi été scrutées pendant des semaines. Résultats: plus de 2 milliards de positions enregistrées et plus de 9 millions de contacts entre fourmis recensées. Avant de pouvoir décortiquer cette masse de données, les universitaires ont passé des heures à coller un dossard sur le dos chaque ouvrière à l’aide d’un enduit médical. Un vrai travail de fourmis. (24 heures)

Créé: 18.04.2013, 20h01

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