Narcolepsie: des cellules immunitaires en cause

SantéLes scientifiques soupçonnent depuis des années qu'il s'agit d'une maladie auto-immune. Une étude suisse récente appuie cette théorie.

Image: Archive/photo d'illustration/AFP

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La narcolepsie, un trouble du sommeil rare mais handicapant, est provoquée par des cellules immunitaires qui s'en prennent à un certain type de neurones, rapportent des chercheurs suisses dans la revue Nature. Ces neurones produisent un neurotransmetteur chargé de la régulation veille-sommeil.

La narcolepsie se caractérise par un temps de sommeil excessif. Le sujet ressent une extrême fatigue diurne, une perte de tonus musculaire et s'endort parfois involontairement, au travail ou dans la rue par exemple.

Les scientifiques soupçonnent depuis des années qu'il s'agit d'une maladie auto-immune. L'équipe de Federica Sallusto, de l'Université de la Suisse italienne (USI), et Claudio Bassetti, de l'Hôpital de l'Île à Berne, viennent d'ajouter un élément de preuve à cette thèse.

Les patients narcoleptiques ont en effet un nombre accru d'un certain type de lymphocytes T. Ces cellules immunitaires s'attaquent aux neurones producteurs d'hypocrétine, un neurotransmetteur responsable de la régulation du rythme veille-sommeil.

De précédentes études avaient montré que la narcolepsie est due à un manque d'hypocrétine. Mais on ne disposait guère d'indices jusqu'ici sur une éventuelle réaction auto-immune, ont indiqué les deux institutions mercredi dans un communiqué commun.

Réaction inflammatoire

Les chercheurs ont examiné des échantillons sanguins de 19 patients narcoleptiques et de treize sujets sains mais porteurs, comme ces patients, d'un gène connu pour prédisposer à la narcolepsie.

Ce faisant, ils ont identifié deux types de lymphocytes T (CD4 et CD8 ) présents en plus grand nombre chez les patients narcoleptiques. Ces cellules s'attaquent à l'hypocrétine et à une protéine produite par les mêmes neurones.

Elles peuvent produire une réaction inflammatoire et même détruire les neurones producteurs d'hypocrétine. «En bloquant ces cellules T autoréactives à un stade précoce, nous pourrions prévenir la progression de la maladie», indique la Pre Sallusto, citée dans le communiqué.

Ces travaux ouvrent de nouvelles possibilités de diagnostic précoce et d'approches thérapeutiques inédites contre cette maladie invalidante, soulignent les auteurs. Elle touche 0,05% de la population mondiale. Des chercheurs zurichois, lausannois et allemands ont également contribué à cette recherche. (ats/nxp)

Créé: 19.09.2018, 21h12

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