Une avancée remarquable de l’UNIL dans la lutte contre le sida

ScienceLe réservoir principal du VIH a été identifié. Une percée vers de nouvelles pistes thérapeutiques.

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Pourquoi diable n’arrive-t-on pas à guérir définitivement du sida? Grâce aux progrès des thérapies, les patients infectés possèdent désormais une espérance de vie proche de celle de la population générale. Les médicaments font disparaître le virus de leur sang. Mais ils gardent des particules virales cachées en eux, inaccessibles aux molécules thérapeutiques, tapies dans ce que les scientifiques appellent des «réservoirs». «Ces sanctuaires font que, dès qu’un malade arrête de prendre son traitement, le virus revient après quelques semaines, explique Giuseppe Pantaleo, professeur ordinaire et médecin-chef du Service d’Immunologie et allergie du CHUV. Les malades sont donc obligés de prendre leurs médicaments à vie.»

Cela représente un coût très important pour la société, que les pays les plus pauvres ne peuvent assumer. Dans le monde, près de 34 millions de personnes vivent avec le VIH, dont environ 25 000 en Suisse. Et 1,8 million de malades en meurt chaque année. Dans ce contexte, offrir une rémission totale aux patients et non plus un traitement perpétuel demeure le Graal de la lutte contre le sida.

Des chercheurs de l’UNIL et du CHUV viennent de faire un pas important dans cette direction, en identifiant le principal réservoir à virus. Leurs résultats, publiés le 30 mai dans la revue Nature Medicine, montrent que le VIH se cache majoritairement dans des cellules bien particulières: les lymphocytes T folliculaires ou Tfh, localisés au sein des centres germinatifs des ganglions lymphatiques. «Ces cellules représentent une minorité, environ 1%, des lymphocytes T CD4 des ganglions lymphatiques, mais elles peuvent abriter jusqu’à 98% des particules virales», détaille Matthieu Perreau, professeur à l’UNIL et coauteur de l’étude.

Si cette découverte constitue une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes de persistance du VIH malgré les traitements, elle pourrait aussi servir à améliorer les thérapies. «En effet, détruire les cellules réservoirs, ces fameuses Tfh, permettrait en théorie d’éliminer définitivement le virus du corps des patients, poursuit Giuseppe Pantaleo, coauteur de l’étude. Nous commençons à tester cette hypothèse sur des singes.»

Créé: 30.05.2016, 18h08

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