L'EPO pourrait réduire les lésions cérébrales des grands prématurés

RechercheDes chercheurs genevois en collaboration avec l'Université de Zurich sont parvenus à démontrer un effet bénéfique de l’érythropoïétine sur le cerveau des bébés nés trop tôt.

©STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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EPO. Ces trois lettres, qui pour les amateurs de sport signifient soupçons de dopage, constituent désormais un espoir pour les bébés nés trop tôt. Des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) viennent en effet de montrer que l’érythropoïétine —  le nom scientifique de l’EPO — pourrait réduire de manière importante les lésions cérébrales des grands prématurés.

Chaque année, 400 000 enfants, dont 80 aux HUG, naissent en Europe avant la 32e semaine de grossesse, alors que le terme «normal» est de 37 à 41 semaines. «La plupart de ces nourrissons ne présenteront pas de problèmes de santé à long terme, rassure Russia Ha Vinh Leuchter, cheffe de clinique scientifique dans le Service du développement et de la croissance aux HUG. Mais dans certains cas, comme le cerveau est immature, des lésions cérébrales apparaissent. Elles peuvent avoir des conséquences graves à l’âge adulte: 4 à 6% des grands prématurés présentent des séquelles importantes.»

Pour prévenir ces atteintes neurologiques, les chercheurs genevois, en collaboration avec l’Université de Zurich, ont administré de l’EPO, ou un placebo, à 495 enfants nés prématurément, entre 2005 et 2012. «Plusieurs études ont montré que cette hormone, qui stimule la formation de globules rouges dans le sang, possède aussi un effet neuroprotecteur chez l’animal, relève Russia Ha Vinh Leuchter, coauteure de l’étude.

Un pas décisif dans la recherche

Dans les deux jours suivants leur naissance, nous leur avons injecté en intraveineuse trois doses de ce produit, afin de vérifier l’effet sur ces nourrissons. Puis au terme prévu de la grossesse, nous avons observé l’état de leur cerveau grâce à l’IRM, nouvelle technologie non invasive.» Les résultats, publiés dans le prestigieux Journal of American Medical Association (JAMA) le 26 août, indiquent que «les enfants traités présentaient beaucoup moins de lésions cérébrales que ceux du groupe contrôle, souligne la chercheuse. Cela démontre pour la première fois l’effet bénéfique de l’EPO sur le cerveau des prématurés.»

«Ces données sont très intéressantes, commente Anita Truttmann, médecin à la division néonatalogie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), qui n’a pas participé à l’étude. L’EPO pourrait, à terme, devenir un agent important de la prise en charge des grands prématurés. Mais avant cela, il faut prouver ses effets bénéfiques, en suivant à plus long terme les bébés traités.»

C’est d’ailleurs ce que prévoient de faire les HUG: «Nous allons à présent étudier le développement de ces enfants aux âges de 2 et 5 ans, explique Russia Ha Vinh Leuchter. Si ces évaluations neurodéveloppementales confirment nos résultats, nous aurons fait un pas décisif dans la prévention des lésions cérébrales chez les prématurés.» (24 heures)

Créé: 26.08.2014, 22h26

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