L’intelligence artificielle alimente la course aux brevets

RévolutionDepuis 2013, l’OMPI constate l’émergence d’une technologie qui va révolutionner notre quotidien.

L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), basée à Genève, vient de rendre publique une étude qui confirme une explosion du nombre de brevets liés à l’intrusion de l’IA dans tous les domaines de notre quotidien.

L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), basée à Genève, vient de rendre publique une étude qui confirme une explosion du nombre de brevets liés à l’intrusion de l’IA dans tous les domaines de notre quotidien. Image: OLIVIER VOGELSANG

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’intelligence artificielle (IA) va bouleverser nos vies dans les prochaines années. Elle a commencé, mais au regard de ce qui se prépare, ce n’est rien. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), basée à Genève, vient de rendre publique une étude qui confirme une explosion du nombre de brevets liés à l’intrusion de l’IA dans tous les domaines de notre quotidien. Plusieurs sommités dans le domaine de la recherche ont joint leur expertise à celle de l’OMPI. Parmi elles, trois professeurs de l’EPFL: Boi Faltings, Dario Floreano et Dominique Foray.

L’OMPI le confirme à travers ses chiffres, la prochaine révolution est celle de la voiture autonome. Au-delà, c’est une capacité plus grande encore des machines à remplacer l’homme ou à l’assister comme pour les chirurgiens qui vont disposer d’outils encore plus précis et performants dans les années qui viennent pour opérer leurs patients. À côté de ces progrès, les nouvelles applications sur smartphone vont faire figure de gadget. Les enjeux économiques mais aussi géostratégiques sont colossaux.

Dans son étude, l’OMPI confirme ainsi la prédominance de deux acteurs majeurs, IBM et Microsoft, dans la course aux brevets. Les entreprises américaines semblent avoir la main. Mais lorsque l’on observe de plus près les données de l’OMPI, on découvre que parmi les quatre universités à travers le monde qui sont parmi les 30 principaux déposants de brevets, trois sont chinoises. Pékin encourage une politique de recherche et développement extrêmement intensive dans le domaine de l’IA pour mettre toutes les chances du côté de ses entreprises dans la bataille qui s’annonce.

Une bataille qui, par bien des aspects, inquiète aussi. La face la plus sombre de cette technologie, ce sont les «robots tueurs» aussi appelés «armes létales autonomes». L’ONU mais aussi les organisations de défense des droits de l’homme se sont emparées de la question. L’irruption de ces nouvelles machines bouscule les lois de la guerre et piétine le droit humanitaire. Il y a aussi une menace plus insidieuse. Le développement des technologies liées à l’intelligence artificielle repose sur les datas. De fait, les algorithmes vont de plus en plus puiser dans les données personnelles. Ce qui pose le problème du respect de la vie privée. «C’est un nouveau défi et une nouvelle responsabilité pour une organisation comme la nôtre qui se retrouve de fait en première ligne», confirme l’Australien Francis Gurry, à la tête de l’OMPI depuis 2008.

À partir des données collectées lors du dépôt de brevets à travers le monde, l’agence onusienne veut aider les États à jeter les bases d’une «politique mondiale sur l’avenir de l’intelligence artificielle». Pour Francis Gurry, il s’agit de «maximiser les avantages» qu’offre cette nouvelle technologie «en relevant les défis qu’elle pose sur les plans éthique, juridique, et réglementaire». L’Australien refuse de céder à une vision pessimiste, soulignant les progrès annoncés dans le domaine médical.

Il reste que les changements que l’IA induit dans le rapport entre l’homme et la machine mais aussi dans le rapport de force entre les États eux-mêmes sont source de tensions à l’échelle de la planète. Le directeur général de l’OMPI reconnaît que l’importance des enjeux pèse sur le climat général. Il constate cependant que son organisation, contrairement à l’OMC, n’est pas l’enceinte dans laquelle les États vont s’affronter. (24 heures)

Créé: 30.01.2019, 20h04

Articles en relation

L’EPFL a copié les ailes des oiseaux pour rendre les drones plus agiles

Technologie Le Laboratoire de systèmes intelligents de la haute école a conçu un drone capable de changer la forme de ses ailes. Plus...

Gare au côté obscur de l’intelligence artificielle!

Cybersécurité Les technologies du futur sont déjà là. Une aubaine pour le crime, le terrorisme, la répression ou la propagande, selon 26 universitaires. Plus...

A l’EPFL, les professeurs apprennent à tweeter

Réseaux sociaux Les enseignants peuvent suivre une formation Twitter. De quoi présenter leur travail au public et faire rayonner l’école Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.