Les progrès des prévisions météo en six points

SciencesOn sait désormais où et quand griller une saucisse. Explications sur les avancées de la science du beau et du mauvais temps.

Le salon Meteorological Technology World Expo à Palexpo (Genève) semble miser à fond sur les drones pour compléter les analyses météorologiques.

Le salon Meteorological Technology World Expo à Palexpo (Genève) semble miser à fond sur les drones pour compléter les analyses météorologiques. Image: Unsplash

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Les prévisions météo savent aujourd’hui, à quelques minutes près, interrompre le match Wawrinka-Federer à Roland-Garros pour cause de pluie à venir ou informer l’aéroport de Genève d’un risque de foudre subit. Comment en est-on arrivé à tant de précision en moins de vingt ans? Réponse en six points, avec Lionel Fontannaz, prévisionniste chez MétéoSuisse.

1) L’intensification des réseaux d’observation

Au début, au XIXe siècle, l’Europe et la Suisse ont pris conscience des désastres non anticipés des orages sur les cultures. Un réseau européen de bornes atmosphériques a alors été déployé. Ce sont ces capteurs que l’on peut encore observer dans nos villes et nos campagnes. De quelques unités seulement il y a trente ans en Suisse, nous voici aujourd’hui avec 260 stations de mesure complètes ou spécialisées couvrant tout le territoire national. «En tout premier lieu, nous nous fondons toujours sur ces stations atmosphériques, explique Lionel Fontannaz. Pour des prévisions à court terme, elles restent notre système d’informations sinon le plus fiable, du moins le plus immédiat.» En somme, le baromètre, l’anémomètre ou le pluviomètre, même technologiquement améliorés, restent les rois des rois en matière de prévisions.

2) Les radars

En 1980, les radars météorologiques ont permis de faire un bond spectaculaire dans les prévisions météo. Imaginons-les comme ces «bip-pib» que l’on voit au cinéma dans les sous-marins ou sur de grands navires de croisière. Les radars météorologiques ont permis de suivre les précipitations par leur réflectivité. Puis, dès les années 2000, on les mit en réseau mondial. Lionel Fontannaz: «En Suisse, voici une vingtaine d’années, nous ne disposions que de deux radars aptes à prévoir les précipitations pour le lendemain. Nous en comptons aujourd’hui plus de 300, qui nous fournissent des prévisions à court terme, entre un jour à deux semaines.»

Cette densité de radars sur le sol suisse permet aujourd’hui de détecter un impact de foudre quinze minutes avant qu’il ne survienne, une information particulièrement importante pour l’aéroport de Genève.

3) Les satellites

Parallèlement aux radars terrestres, les satellites météo sont entrés dans la course à la fin des années 60. De leur orbite géostationnaire, ils savent aujourd’hui différencier les nuages, les précipitations, le vent ou le brouillard. L’humanité, éternellement confrontée aux changements météorologiques, observait les choses d’en bas. La voici dotée dès lors d’un outil capable de tout voir (ou presque) sur la Terre d’en haut. Selon Lionel Fontannaz, les images transmises sont passées «d’une demi-heure à un quart d’heure, et «en rapid scan» à cinq minutes».

Grâce aux satellites et aux radars, on est ainsi passé d’une surface «sous surveillance» de 100 kilomètres carrés il y a deux décennies à peine – où la Suisse apparaissait à peine - à 1 km2 aujourd’hui. «On peut désormais détecter les changements météorologiques dans les plus petites vallées helvétiques, même si tout n’est pas encore très précis», explique encore Lionel Fontannaz. Veut-on savoir, si à Savièse ou au Landeron, on peut, sans trop de danger, organiser un barbecue arrosé sans se mouiller? L’application de MétéoSuisse vous donne sinon la réponse absolue, du moins les risques éventuels d’un ciel menaçant.

4) Les supercalculateurs

Ah! Les Craig, les IBM ou les Hewlett-Packard, ces grosses machines capables de saisir en une fraction de seconde toutes les données d’un changement de vent, d’une petite vague sur la mer, d’un nuage en forme de cœur ou oblong, voire d’une légère hausse d’un bar atmosphérique. Où que l’on se trouve sur la planète, les mathématiciens et les météorologues disposent désormais de toutes les données pour élaborer des modèles, des tendances avec un taux de probabilité (l’indice de confiance comme l’expriment désormais les présentateurs météo à la TV), en incluant des paramètres aussi incertains et chaotiques d’un quelconque changement atmosphérique, a priori imprévisible. Grâce à eux, notamment, les instituts météorologiques peuvent nous dire que, selon de fortes probabilités, l’été 2019 sera plus chaud que la normale (à 40%) et non plus frais (à 18%).


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5) Les drones

Lors de cette trentième exposition mondiale à Palexpo (Genève), le monde de la technologie météorologique semble miser à fond sur les drones et leur capacité à affiner encore plus l’analyse des plus petits soubresauts d’un vent, d’un nuage, d’une forêt en voie de disparition ou de l'anticyclone des Açores. Le drone, en sorte, va être capable de mesurer l’effet papillon, selon lequel ce gentil lépidoptère serait capable, d’un seul battement d’ailes au Brésil, de changer le temps sur Fribourg.

6) Des imageurs hyperspectraux aux logiciels de modélisation

Selon certaines estimations, le marché de la météorologie, lié ou pas à l’étude climatique, pèserait aujourd’hui 120 milliards de dollars par an et est appelé à croître. Durant trois jours, ce sont toutes ces nouvelles technologies qui seront présentées à Palexpo, au cours de la Meteorological Technology World Expo, réservée aux seuls professionnels.

Il n’y aura pas que des gadgets pour pays riches. Pour les pays du Sud, notamment, très liés encore à la production agricole, toute prévision scientifique et technologique est juste vitale.

Créé: 05.06.2019, 15h07

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