Une rencontre amicale avec l'astéroïde Apophis à l'étude

EspaceL'astéroïde Apophis frôlera la Terre en toute sécurité en 2029: l'agence spatiale française veut en profiter pour aller l'étudier de près, car un risque de collision n'est pas complètement exclu pour 2068.

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Apophis, bien nommé du nom d'une divinité égyptienne du mal et des ténèbres, joue avec nos nerfs. Lorsqu'il avait été repéré pour la première fois, en 2004, des scientifiques avaient d'abord évalué à 2,7% la probabilité d'une collision en avril 2029 avec la Terre. De nouveaux calculs avaient écarté ce scénario, mais il subsistait un tout petit risque pour 2036.

Avec les nouvelles données acquises lors de son passage à quelque 14,4 millions de kilomètres de la planète bleue, le 9 janvier dernier, le risque a aussi été exclu pour 2036.

«Ça reste possible pour 2068. C'est très improbable, mais pas impossible», a expliqué mardi à la presse Jean-Yves Prado, du Centre national d'études spatiales (Cnes, agence spatiale française), membre du groupe de travail Astéroïdes géo-croiseurs (qui croisent l'orbite de la Terre) des Nations-Unies.

D'un diamètre de 325 mètres, selon des observations du télescope Herschel, Apophis a été classé parmi les astéroïdes «potentiellement dangereux». Une collision avec la Terre occasionnerait des dégâts à l'échelle d'un continent.

Par comparaison, le petit astéroïde qui est tombé en Russie sans crier gare en février dernier ne mesurait que 17 mètres, rappelant brutalement que «la chute d'un bolide, même de moins de 20 mètres, n'est pas sans risque», a souligné Daniel Hestroffer (Observatoire de Paris).

La traque s'intensifie

Depuis la fin des années 90, la traque des objets géo-croiseurs ne cesse de s'intensifier: près de 10'000 ont été répertoriés, dont 1387 potentiellement dangereux pour les Terriens.

Mais les repérer ne suffit pas. Il faut aussi empêcher la collision. Les idées ne manquent pas pour dévier les indésirables de leur route. «C''est un peu le concours Lépine», a commenté Jean-Yves Prado : de «la plus brutale», l'explosion nucléaire, à une légère modification de trajectoire par des méthodes douces (remorqueur de l'espace...), en passant par des explosifs conventionnels.

«Le risque est prédictif et on peut l'éviter, mais ces missions ne peuvent être réalisées que dans un cadre international», a-t-il ajouté.

Surtout, avant d'envisager une intervention, il faut savoir à quoi on a affaire. La connaissance de la structure interne de l'astéroïde «est cruciale pour la conception des missions de déviations», a souligné le Dr Patrick Michel (Observatoire de la Côte d'Azur). Est-elle solide, pré-fracturée, poreuse, s'agit-il d'un agrégat ? Les dégâts d'un impact dans ces différents cas de figure ne seront pas les mêmes.

Pour le spécialiste, «les seuls moyens» de vérifier les modèles théoriques, ce sont les missions spatiales, comme par exemple la sonde Rosetta, qui a survolé Lutetia en 2010.

Lancer une action de déviation

L'avant-projet du Cnes d'une mission spatiale vers Apophis (ApEx) est double: améliorer les connaissances scientifiques et le caractériser afin d'être capable, si besoin est, en 2068 ou plus tard, de lancer une action de déviation efficace pour protéger la Terre.

«On a besoin de données extrêmement précises», a relevé Emmanuel Hinglais, responsable des études portant sur l'exploration de l'univers au Cnes. Selon le scénario présenté, il faudrait un voyage de 12 à 18 mois pour que le vaisseau atteigne son point de rendez-vous avec Apophis, entamant ensuite «une approche progressive» jusqu'à pouvoir déposer des instruments en surface (antenne radar, sismomètres...).

Apophis passera au plus près de la Terre le 13 avril 2029 (environ 30'000 kilomètres). Il n'y aura alors aucun risque de collision, assurent les scientifiques, mais des réactions irraisonnées d'inquiétude sont fort possibles.

«Il est probable qu'on le verra passer à l'oeil nu», a précisé Emmanuel Hinglais. Savoir qu'il est «escorté» par un vaisseau spatial terrien pourrait calmer les angoisses. (afp/nxp)

Créé: 10.04.2013, 07h34

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