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Éditorial sur les scandales dans l’Église catholique
La révolte doit venir de l’intérieur

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Et si la révolte venait enfin de l’intérieur? Mardi, l’Université de Zurich a publié un rapport sur les abus sexuels dans l’Église catholique suisse depuis le milieu du XXe siècle. Une année de recherche dans les archives pour un projet pilote qui a documenté comme jamais l’existence d’un système fermé, qui cherche plus à protéger ses brebis galeuses que le bien-être de ses fidèles. Au moins deux choses y sont choquantes.

La première, ce sont les chiffres. Jusqu’à présent, la Conférence des évêques suisse avait admis l’existence de 380 signalements. Les chercheurs en ont identifié plus de 1000, avertissant que ce n’était que la pointe de l’iceberg.

La deuxième est l’attitude de la hiérarchie ecclésiastique qui, depuis des décennies, freine, cache, botte en touche. Plutôt que de décortiquer ses propres archives pour connaître la vérité, elle a préféré édicter des directives, espérant qu’un semblant de prévention étouffe les scandales. Pourquoi a-t-il fallu attendre qu’une équipe de recherche universitaire plonge son nez dans ces documents – un exercice qui reste difficile, découvre-t-on à la lecture du rapport – pour commencer à cerner la réelle ampleur du désastre? Aujourd’hui, la bonne nouvelle est que ce travail sera prolongé de trois ans.

Les chercheurs ont également décortiqué les conditions qui ont permis la multiplication de ces abus. Ils ont mis en évidence ces constellations de pouvoir dont usent prédateurs et protecteurs. D’où la question de départ: le temps n’est-il pas venu que les fidèles, ainsi que les membres intègres du clergé salis par ces pratiques, ne troquent leur obéissance béate pour une réelle volonté d’en finir avec un système oppressant nourri par la culture du secret?