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Estime de soiSe comparer aux autres: un réflexe (pas toujours) inutile

Les livres de développement personnel le martèlent: «Arrêtez de vous comparer à autrui!» S’il peut effectivement nuire à notre bien-être, ce quasi-automatisme relève d’un héritage instinctif et peut aussi représenter un moteur efficace.

«Il convient de se demander ce que nous projetons sur la comparaison à autrui et ce que nous craignons, en réalisant que nous sommes différents de la personne admirée», indique Jennifer Picci, psychologue FSP.
«Il convient de se demander ce que nous projetons sur la comparaison à autrui et ce que nous craignons, en réalisant que nous sommes différents de la personne admirée», indique Jennifer Picci, psychologue FSP.
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Theodore Roosevelt, 26e président des États-Unis, estimait que «la comparaison est un voleur de bonheur». Or, sachant que cette phrase date de l’aube du XXe siècle, on ose à peine imaginer ce qu’aurait écrit son auteur en 2020. À l’ère des réseaux sociaux, n’importe qui peut exhiber publiquement le fruit de sa réussite, sa superbe maison, des enfants angéliques, le résultat de six mois d’entraînement intensif avec un pro Il convient de posséder une discipline mentale en béton armé pour s’empêcher de se comparer à ces mirages 2.0!

En réaction à ce phénomène, de nombreux ouvrages de développement personnel nous encouragent à entraver ce réflexe. L’idée est intéressante et positive, mais elle mérite d’être nuancée: «S’il est possible d’arrêter de se comparer à autrui sur des laps de temps limités, on ne peut s’en empêcher indéfiniment, prévient la psychologue FSP Jennifer Picci. De plus, la notion dindividualité serait mise à rude épreuve sans ces comparaisons, car nous avons besoin de nous comparer aux autres pour identifier le contraste et les points communs qui nous relient à la collectivité.»

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