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HommageSean Connery, le plus célèbre des James Bond, n’était pas immortel

Décédé samedi à l’âge de 90 ans, le comédien écossais avait une filmographie presque sans faute.

Sean Connery dans «On ne vit que deux fois», en 1967.
Sean Connery dans «On ne vit que deux fois», en 1967.
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Contrairement à son personnage dans «Highlander», il n’était pas immortel. Depuis samedi, le monde du cinéma doit faire sans Sean Connery. Même si on ne l’avait plus vu ces dernières années, son aura fut telle que sa présence continuera de marquer longtemps la cinéphilie moderne.

Né le 25 août 1930 à Edimbourg, cet authentique Écossais dut attendre le début des années 60 pour se faire un nom grâce à un rôle. Et quel rôle, puisqu’il eut l’honneur d’être le premier à incarner James Bond à l’écran, conférant prestance et nonchalance à l’impassible espion tous terrains imaginé par Ian Fleming.

Mais avant, Connery cumulait déjà une petite expérience et surtout des boulots aussi différents que maître-nageur ou modèle aux Beaux-Arts. C’est à la suite d’une audition qu’il atterrit au théâtre puis au cinéma, non sans taper dans le ballon rond dans l’intervalle. Il s’en fallut même de peu qu’il ne devienne footballeur professionnel et signe à Manchester United. C’est en refusant sa proposition de contrat qu’il décide de devenir acteur, pour éviter d’être retraité à l’âge de 30 ans. Le foot a peut-être perdu une légende, mais le cinéma allait lui en forger une. Si les petits rôles des débuts sont insignifiants, «James Bond 007 contre Docteur No» le propulse et le rôle va lui coller à la peau. De 1963 à 1983, six autres James Bond suivront, et pour la plupart des fans, Sean Connery reste le meilleur de ses interprètes. On ne peut cependant pas décemment le réduire à ce rôle. L’acteur possède en effet une réelle intelligence dans ses choix. En 1964, il accepte ainsi la proposition d’Hitchcock, qui lui offre opportunément l’un des rôles principaux de «Pas de printemps pour Marnie», l’un de ses derniers chefs-d’œuvre.

Commence ensuite pour l’acteur une longue collaboration avec Sidney Lumet avec le très antimilitariste «La colline des hommes perdus», en 1965, qui donne une vague idée de ce sens de l’engagement qui, mine de rien, prévaut chez un interprète pourtant fort sollicité par les productions commerciales. Soyons francs, sa filmographie n’est pas loin du sans-faute. En la revisitant pour les besoins de cette nécrologie, on peut constater que bon nombre de grands films s’y retrouvent. Du génial «L’homme qui voulut être roi» de John Huston au singulier «Zardoz» de John Boorman, du méditatif «Le lion et le vent» de John Milius au précurseur «Meteor» de Ronald Neame, il faut bien avouer que les années 70 sont royales pour Sean Connery. On peut en dire presque autant des deux décennies suivantes, où abondent les films de prestige – en vrac et de manière non exhaustive «Les incorruptibles», «Indiana Jones et la dernière croisade», «Le nom de la rose» – et aussi fatalement quelques productions alimentaires. C’est en 2003, à l’issue du tournage de «La ligue des gentlemen extraordinaires», échaudé par ceux qu’il surnomme les «idiots d’Hollywood», que Sean Connery annonce sa retraite, non sans refuser des rôles dans «Matrix» ou «Le seigneur des anneaux». Il vivra désormais reclus dans sa maison de Nassau, aux Bahamas, n’en sortant qu’en de rares occasions. C’est là qu’il est mort, durant son sommeil.

4 commentaires
    jsi

    ou un grand acteur c est clair. Mais aucune mention de la part d ombre du personnage? Sa violence contre les femmes, les abus contre sa premiere épouse( actrice australienne) qui ont conduit au divorce? L interview - qu il confirme 20 ans apres- dans lequel il affirme qu il n y a pas de mal à frapper une femme “lorsqu elle le merite”? Malaise !!