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Notre sélection livresDes textes inédits de Leonard Cohen enfin publiés

Huit ans après la mort de Leonard Cohen, un recueil réunissant un court roman resté inédit ainsi qu’une douzaine de textes plus courts signés par le Montréalais vient de paraître.
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Les textes retrouvés de Leonard Cohen

Roman et nouvelles – Huit ans après sa mort, Leonard Cohen (1934-2016) donne encore des nouvelles. Au sens propre comme figuré puisque vient de paraître un recueil réunissant un court roman resté inédit ainsi qu’une douzaine de textes plus courts. Les ambitions littéraires de celui qui allait devenir l’auteur-compositeur-interprète que l’on sait étaient déjà bien connues de ceux qui avaient lu le comique «Jeux de dames» ou le mystico-dépressif «Les perdants magnifiques» (1966).

Le bref roman «Un ballet de lépreux» se rapproche plutôt du premier, en moins drôle mais en plus cruel. Ce texte, probablement écrit autour de 1956-1957, permet en tout cas de retrouver ce qui caractérisera le songwriting du Montréalais: une tension puissante entre aspirations exaltées et redditions charnelles. «Je fomentais un échec et mat avec un régiment invisible.» Passion et stupre se bousculent dans cette histoire où un jeune homme se retrouve tiraillé entre des attentes amoureuses toujours trop élevées, l’exécution d’une impitoyable vengeance sur la laideur et la compassion familiale pour un grand-père tout à fait indigne. Le miracle (kafkaïen?) de ce récit à la fois torturé et impavide resplendit dans la juxtaposition de ces dimensions contradictoires. BSE

«Un ballet de lépreux», Leonard Cohen, Éd. Seuil, 304 p.

Un ballet macabre façon Tarantino

La couverture de «On va tous crever», du Biennois Tobias Aeschbacher.

Roman graphique – Quand une petite frappe prénomme son flingue Carole, on peut s’attendre à tout. Et surtout à un récit délirant. Celui mené tambour battant par Tobias Aeschbacher vaut son pesant de cacahuètes. Pour son premier roman graphique, ce Biennois biberonné aux films de Tarantino et à la pop culture imagine une histoire à l’ambiance décalée, qui débute par une belle bande de branques à la recherche d’une urne funéraire volée.

Dans l’immeuble où il pénètre, le trio maléfique va croiser une brassée de personnages extravagants: jeunes braqueurs, vieux pervers, ados cultivateurs de cannabis, couple de vieillards suicidaires, tueur philosophe et asocial… Entre les malfrats et les antihéros fragiles qu’ils côtoient, ça va flinguer sévère, au fil d’un ballet macabre truffé de rebondissements. Des destins absurdes dépeints avec un bel humour noir dans un scénario qui pète le feu. PMU

«On va tous crever», Tobias Aeschbacher, Éd. Helvetiq, 128 p.

Un zèbre dans la guerre

Roman – Dans une ville d’Europe de l’Est, qui pourrait être Odessa en Ukraine, Paul est arrêté par l’autocrate du coin pour l’avoir insulté sur les réseaux sociaux. Filmé alors qu’il est rudement humilié, il est poursuivi par cette image dégradante dans cet univers déshumanisé. Écrit comme une satire tragicomique un peu téléphonée, «Un zèbre dans la guerre» (un vrai échappé d’un zoo qui divague dans les rues) a été publié avant l’agression russe en Ukraine et décrit la vie grise et désenchantée d’une ville livrée à la violence et à l’arbitraire. OBO

«Un zèbre dans la guerre» de Vladimir Vertlib, Éd. Métaillé, 256 p.