Passer au contenu principal

Le Chablais entre fraude et pèlerinages médiévaux

Les Chablaisiens se sont toujours joués de leurs confins.

Situé à 1921 mètres d’altitude, le col de Coux a vu défiler les contrebandiers et les pèlerins pendant des siècles.
Situé à 1921 mètres d’altitude, le col de Coux a vu défiler les contrebandiers et les pèlerins pendant des siècles.
Chloé Banerjee-Din

Ligne de partage ou lieu de passage? La crête qui sépare aujourd’hui le Chablais suisse de son frère savoyard a toujours été un peu des deux. Géologique avant d’être politique, cette démarcation percée de cols a été franchie sans relâche par les habitants des vallées alentour et bien au-delà.

Pour les randonneurs d’aujourd’hui, passer la frontière française entre Champéry et Morzine représente déjà une sérieuse balade – sept heures de marche tout de même. Mais qu’ils pensent aux pèlerins qui, dès le Moyen Age, allaient à pied de Sion à l’abbaye de Saint-Jean-d’Aulps, dont les ruines se trouvent aujourd’hui en Haute-Savoie. Eux aussi devaient passer par le col de Cou, mais c’était sans se douter qu’un jour, une douane se dresserait à cet endroit. «A cette époque, il n’y avait pas de frontière au sens que l’on connaît aujourd’hui», explique l’historien Arnaud Delerce.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.