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Propagation du virusSeuls 7% des Vaudois sont infectés par le Covid-19

Encore partiels, les chiffres publiés par Unisanté montrent qu’un malade contamine 15% des personnes qu’il croise à moins de deux mètres pendant quinze minutes. Les chercheurs espèrent atteindre entre 800 et 1000 échantillons.

Ce bilan préliminaire soutient la décision prise par les autorités sanitaires d’effectuer des enquêtes d’entourage pour chaque malade du Covid-19 ainsi que l’importance du maintien des gestes barrières, relève Unisanté.
Ce bilan préliminaire soutient la décision prise par les autorités sanitaires d’effectuer des enquêtes d’entourage pour chaque malade du Covid-19 ainsi que l’importance du maintien des gestes barrières, relève Unisanté.
KEYSTONE

Si beaucoup de gens se disent qu’ils ont bien dû attraper le coronavirus Covid-19 sans s’en rendre compte, ce n’est pas certain. Car seulement 7% des Vaudois ont déjà été contaminés jusqu’ici. Cela ressort des premiers résultats d’une étude vaudoise (baptisée «SérecoVid») publiés lundi par Unisanté, le centre universitaire de médecine générale de Lausanne. Ces résultats sont encore partiels, car basés sur 300 échantillons, alors que les auteurs de l’étude en espèrent entre 800 et 1000. Pour eux, leur étude confirme l’importance des mesures prises par les autorités.

Etude sur la transmission du coronavirus dans le canton de Vaud
Etude sur la transmission du coronavirus dans le canton de Vaud
Isabelle Caudullo

On est donc loin des 50% à 60% de personnes infectées, un seuil qui limiterait la propagation du virus. Avec un degré de précision de plus ou moins 3% selon les auteurs de l’étude, le résultat vaudois est proche du chiffre de 10% publié par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

«Comment sait-on si une personne a été infectée? Par le fait qu’elle a développé des anticorps spécifiques contre ce coronavirus», explique Valérie D’Acremont, professeure et responsable du secteur «Santé digitale et globale» chez Unisanté. «Même si cette personne a été asymptomatique, c’est-à-dire qu’elle a été infectée sans avoir de symptômes, elle a développé des anticorps, une défense, sans s’en apercevoir. Cinq types de tests ont été utilisés, pour savoir lequel était le meilleur.»

Majorité infectée à la maison

L’étude montre que le risque de propager le virus reste important. Ainsi, une personne malade contamine en moyenne la moitié des gens qui vivent avec elle. Une donnée qui n’existait pas jusqu’ici, selon Valérie D’Acremont: «Cela montre également que la majorité des gens ont été contaminés à la maison, qu’il est difficile d’empêcher la transmission et que les personnes infectent leurs proches sans s’en apercevoir.»

Autre résultat: rester à proximité d’une personne malade (c’est-à-dire à moins de deux mètres pendant quinze minutes) provoque une contamination dans 15% des cas. «Cela montre que, si vous êtes malade et que vous allez par exemple au restaurant avec six personnes, au moins une autre personne le sera après coup en moyenne. Cela signifie aussi que, parmi toutes les personnes qu’un malade croise à moins de deux mètres pendant quinze minutes durant une journée, environ une sur six sera contaminée.»

Test à domicile

Les auteurs de l’étude soulignent le caractère partiel des premiers résultats publiés. Mais pour atteindre 800 ou 1000 échantillons, encore faut-il que les personnes tirées au sort sur les base des données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) répondent. Les volontaires ne manquent pas, mais se baser uniquement sur eux biaiserait les résultats.

Il est ainsi trop tôt pour connaître la proportion de malades asymptomatiques. Ou connaître le détail région par région. «Mais il est probable que l’on retrouve les foyers déjà connus à Lausanne, Pully ou la Vallée-de-Joux, explique Valérie D’Acremont. Nous invitons donc les gens tirés au sort à répondre à l’étude. Nos équipes se déplacent chez eux pour cela. C’est important.»