Ce qui manque toujours à la transition

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Le ton est apolitique, il y a du recul et une vision. Il y a quelque chose de diablement rassurant dans le discours du numéro un de l’énergie fédérale, qui a entre ses mains l’avenir de ce qui alimentera nos ampoules et nos frigos. C’est même un plaisir d’entendre la parole trop rare de ces hommes de l’ombre, souvent remplacés, au micro, par des politiciens.

La vision de Benoît Revaz, directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), est cohérente. Elle se veut la logique d’une énergie à circuit court: dépasser la distribution depuis nos centrales à atome géantes ou à l’eau des montagnes pour passer à la multiplication des installations renouvelables proches de nous. Du producteur au consommateur, en somme.

«Les instruments clairs ont longtemps manqué»

C’est un peu imaginer une nouvelle Suisse d’Épinal où des installations comme l’hydraulique, l’éolien et le solaire seraient aussi banals que les nains de jardins, les stewis et les géraniums. Le chemin reste long. Et ce n’est pas seulement le fait de ceux qui doutent de la place des éoliennes sur nos crêtes. Le système énergétique que dessine l’OFEN existe sur le papier, mais la logique, elle, qui permettrait à des turbines aériennes de pousser peine encore à se dessiner.

Les instruments clairs pour nos juges, qui sont appelés à valider chaque projet éolien, ont longtemps manqué. Il aura, par exemple, fallu dix ans pour savoir combien de watts un parc devait fournir avant d’être considéré comme intéressant au regard de ses effets sur le paysage. D’autres manquent. L’application de la loi sur l’énergie conclut à un minimum révélateur. Un seuil bas, équivalant à deux ou trois éoliennes.

À ce jour, nos autorités mêmes peinent à articuler leur position. L’État de Vaud met en avant sa mission déterminante dans l’éolien suisse, en soulignant que la Confédération lui attribue un quart de l’énergie venteuse planifiée pour 2050. Or l’OFEN rappelle dans nos colonnes qu’il n’y a aucune obligation formelle pour les cantons. Du pain bénit pour les opposants.

On peut se réjouir que personne ne tente de modifier les compétences de nos institutions ou toutes nos lois pour des hélices. Mais on peut aussi se demander s’il n’y a pas de l’énergie qui se perd quelque part. (24 heures)

Créé: 15.04.2018, 20h48

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Erwan Le Bec, rubrique Vaud et régions

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