Études et dons privés, à surveiller

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Faut-il hurler par principe contre l’arrivée de fonds privés dans les hautes écoles? Une telle position serait irréaliste. Prenons l’exemple de la recherche sur le cancer. Les progrès réalisés ces dernières décennies auraient-ils eu lieu sans une collaboration entre les scientifiques des hautes écoles et les entreprises pharmaceutiques? Certainement non. Mais les risques d’une relation mal encadrée entre les institutions universitaires et les bailleurs de fonds privés sont importants: influences, chercheurs inféodés, résultats scientifiques captés par l’industrie, fonds provenant de sociétés controversées. L’exigence de transparence et de réglementation, du côté de la plupart des chercheurs comme de la société en général, est donc forte.


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L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) s’était retrouvée au centre de critiques en 2016. La réprobation ciblait un certain flou dans des contrats portant sur des chaires professorales sponsorisées. Le naming de bâtiments – quand une entreprise bailleresse de fonds donne son nom à une construction – avait aussi fait grincer des dents. L’appellation «Rolex Learning Center» a donné de l’urticaire aux défenseurs d’une pure indépendance académique. «L’intégration d’un nom de marque dans son appellation fait glisser l’image perçue de l’EPFL dans le domaine commercial», relevait ainsi un étudiant en 2010.

«Avant de se lancer, l’institution a-t-elle tiré les leçons des interrogations passées? Il semble que oui»

En 2019, c’est au tour des étudiants, justement, de se retrouver au centre d’un nouveau système de bourses d’excellence destinées aux meilleurs d’entre eux, aux niveaux du bachelor et du master. Ces bourses seront financées par des fonds privés, comme cela se déroule couramment aux États-Unis. La campagne de collecte et de distribution se nomme 50 Fifty. Son objectif est de récolter 50 millions de francs. Cinquante comme l’âge de la haute école. Avant de se lancer, l’institution a-t-elle tiré les leçons des interrogations passées? Il semble que oui. Elle a créé un Service de la philanthropie. L’EPFL garde la haute main sur la sélection des bénéficiaires. L’association des étudiants paraît convaincue. Une expérience intéressante donc, mais à surveiller.

Créé: 02.08.2019, 06h55

Philippe Maspoli, rubrique Vaud & régions

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