Il faut cautériser la blessure catalane

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

De tous les dirigeants européens qui doivent gérer les crises du moment, Pedro Sanchez arrive juste après Theresa May. Alors que la première cherche la quadrature du cercle pour le Brexit, le second tente de réconcilier un pays déchiré par la question catalane.


A lire: L’Espagne fait comparaître les indépendantistes catalans


Le procès des dirigeants indépendantistes qui s’ouvre ce mardi s’annonce à haut risque pour le chef du gouvernement espagnol. Durant plusieurs mois, en direct à la télévision, les Espagnols revivront le traumatisme du référendum d’indépendance tenu le 1er octobre 2017 en Catalogne. Les uns souffriront à nouveau de voir leur pays se fractionner. Les autres verront se raviver leur douleur face à la réponse très dure de Madrid.

Entre ces deux camps, Pedro Sanchez devra jeter des passerelles. Il s’y est attelé dès son accession au pouvoir, lorsqu’il a succédé à l’intransigeant Mariano Rajoy. Mais les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, et il y a deux aspects sur lesquels sa marge de manœuvre est virtuellement nulle.

«Pedro Sanchez doit peser de tout son poids pour rétablir le dialogue entre Madrid et Barcelone»

La première, c’est la nature du référendum de 2017. En vertu de la Constitution, cette consultation populaire était et demeure illégale. Aucun dirigeant espagnol, fût-il de droite ou de gauche, ne saurait dévier de cette position. La seconde, c’est l’indépendance de la justice. Dans un État de droit, cette dernière doit opérer sans interférence du pouvoir politique. Et le premier ministre, quelle que soit la conviction qu’il abrite en son for intérieur, ne peut y déroger.

Pedro Sanchez doit en revanche peser de tout son poids pour rétablir le dialogue entre Madrid et Barcelone. Car la question catalane a déjà des répercussions lourdes dans le paysage politique espagnol. Vox en est le symptôme. Le parti d’extrême droite a fait irruption au plan national après son succès en Andalousie. Favorable à un État autoritaire et centralisateur, cette formation prouve que les fantômes du franquisme rôdent encore. Pire, elle voit s’associer à elle des forces plus classiques comme le Parti populaire et Ciudadanos. Ensemble, elles ont défilé dimanche à Madrid. La blessure catalane, faute d’être cautérisée, pourrait favoriser une recomposition politique majeure en Espagne.

Créé: 11.02.2019, 22h48

Marc Allgöwer, chef de la rubrique Monde

Articles en relation

La Catalogne est déchirée un an après le référendum

Indépendantisme Séparatistes et unionistes sont plus divisés que jamais. Et le fossé se creuse de jour en jour. Plus...

«Du Jura à la Catalogne, il y a des rapports historiques»

Interview Carles Puigdemont, ex-président de la Catalogne, exilé depuis le référendum d’octobre de l’an dernier, était ce week-end à Delémont l’invité de la 71e Fête du peuple jurassien. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.