L’ambitieux pari des poivrons verts

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Des poivrons 100% suisses, cultivés sous des serres chauffées grâce à une énergie locale et renouvelable. En évoquant le projet que Migros espère concrétiser dans la plaine du Rhône, on songe à un coup de marketing bien senti. Le climat se dérègle, l’inquiétude grandit, la population descend dans la rue pour réclamer du changement… et voilà que le géant orange brandit sa solution miracle pour réduire les importations de fruits et légumes. Trop beau pour être honnête?


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En réalité, l’idée a été lancée bien avant les premières mobilisations d’étudiants. Et elle n’émane pas de Migros, mais d’une usine d’incinération valdo-valaisanne, la Satom. En 2010 déjà, son directeur parlait à la presse locale de sa volonté de valoriser la combustion des ordures ménagères de la région. Brûler les déchets, disait-il, dégage une énorme quantité de vapeur industrielle que l’on pourrait utiliser à bon escient. Quelques années plus tard, cette énergie résiduelle alimente des milliers de logements connectés à un réseau de chauffage à distance performant. La construction de serres maraîchères, à proximité immédiate de l’usine, constituerait ainsi une nouvelle étape du processus.

Reste à traduire cette louable intention en une perspective économique viable. Ce qui est loin d’être une évidence, comme en témoigne la difficulté qu’ont connue les instigateurs du projet à trouver un partenaire solide. Aussi puissant soit-il, le groupe Migros a minutieusement fait ses calculs avant de promettre d’investir 45 millions dans l’aventure et de créer une centaine d’emplois dans le Chablais.

Le poids lourd de la distribution a opéré un choix judicieux et prudent en jetant son dévolu sur le poivron, l’un des légumes favoris des Suisses. Il évite de marcher sur les plates-bandes des maraîchers indigènes, puisque la quasi-totalité des poivrons consommés ici provient de l’étranger. En annonçant vouloir grignoter ce marché grâce à ses serres écolos, il affiche ses ambitions tout en soignant son image d’entreprise responsable. C’est plus que jamais dans l’air du temps. Pari gagnant? Au bout du compte, c’est le prix à l’étalage qui sera déterminant.

Créé: 08.04.2019, 21h40

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