La barque vaudoise n’est de loin pas pleine

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Bien sûr, en chiffres absolus, ce n’est guère impressionnant. En 2017, le Canton de Vaud n’a renvoyé de force «que» 12 enfants et 9 femmes de plus que l’année précédente. Respectant en cela strictement la loi. Et notamment les Accords de Dublin, qui permettent de «retourner» un requérant vers le premier pays où il a demandé l’asile. Et comme leurs embarcations précaires s’échouent rarement sur les côtes maritimes suisses…


A lire: Vaud renvoie de plus en plus de femmes et d'enfants de force


En matière de renvois, le Canton de Vaud a longtemps été le mauvais élève. Ou le bon, selon la perspective dans laquelle on se place. À une époque pas si lointaine, la classe politique locale en était même arrivée à dépasser la plupart de ses clivages pour faire passer un certain sens de l’éthique avant l’application stricte des règlements. On pense bien sûr aux fameux «523» requérants d’origine balkanique qui devaient être renvoyés et qui, au terme d’un bras de fer avec le conseiller fédéral responsable à l’époque – un certain Christoph Blocher –, avaient fini par être régularisés dans leur grande majorité. Avec la bénédiction de l’opinion publique.

«Être un peu plus souples avec ces cas-là, ce n’est pas «accueillir toute la misère du monde»

Aujourd’hui, c’est une socialiste qui est à la tête du département concerné. Et Simonetta Sommaruga n’hésite pas à faire peser une pression financière sur le Canton de Vaud en coupant notamment dans les subsides. Ce qui représente environ 1 million pour la période entre octobre 2016 et septembre 2017.

Si l’on veut parler chiffres, on peut aussi constater que les demandes d’asile vers la Suisse sont en constante baisse (près de 30% en moins entre août 2018 et août 2017). Dans ce contexte, on peut aussi se demander si renvoyer des mères et des enfants bien intégrés ici en déployant de grands moyens policiers ne va pas contre le fameux bon sens de ce coin de pays. Surtout quand ils et elles viennent de pays comme l’Érythrée ou l’Éthiopie, qui ne brillent guère par leur démocratie et leur rapport aux droits humains. Être un peu plus souples avec ces cas-là, ce n’est pas «accueillir toute la misère du monde», mais faire preuve d’un certain humanisme. Surtout quand la barque, ici et aujourd’hui, est loin d’être pleine. (24 heures)

Créé: 14.10.2018, 17h42

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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